Ch. X, st
A9S90U DB L'HISTOIRB DE PORTUOAt. 251
commerce des Maures et fit sur leurs vaisseaux, en plasieurs rencontres, des prises considérables au profit de la couronne de Portugal.
La brillante carrière de ce héros devait avoir une fin bien déplorable. A son retour de Tlnde , dont il n*avait rapporté que la gloire et une honorable pauvreté, il reçut du roi Emmanuel, pour récompense de ses services, le gouvernement de Saint-Georges de la Mine, sur la côte d'Afrique; mais, calomnié dans son administration, il fut ramené en Portugal , chargé de fers , et mourut dans rindigence. Rien de plus touchant que le passage des Luêtades oix la nymphe qui vient de le comparer à tout ce que Rome et la Grèce ont produit de plus grande baisse la voix tout à coup et déplore sa disgrâce et l'ingratitude des cours, a 0 Bélisaire ! dit la nymphe ea gé^ a missant, toi qui seras toujours grand parmi les filles a de Mémoire, si Timpure calomnie a flétri tes laurierd, « û ta gloire a connu Toutrage , viens te consoler avec
« Pacheoo. Vous aviez tous deux servi glorieusement lé « prince et la patrie : d'injustes rigueurs vous ont payés « tons deux... Malheureux Emmanuel! Il t'avait donné « des royaumes, et son partage est Tindigence; son der* « nier asile un cachot I Mais, aussi longtemps quele so^ « leil éclairera le monde, les peuples honoreront sa mé- « moire et reprocheront à la tienne cette grande ini- <t qmté^ »
Le successeur de Pacheco , François d'Almeida , fût le premier qui reçut d'Emmanuel le titre de vice-roi des Indes. U ne s'agissait plus, en effet, d'explorations aventureuses et de recherches maritimes : il fallait fonder et organiser un grand empire, affermir le monopole du commerce portugais dans l'Asie méridionale, combattre et détruire toutes les rivalités qui pouvaient le menacer.