CHAPITRE I
l’administra tion s était fait à Marseille, sous la direction de l’intendant en chef. Il est impossible d’imaginer plus d’ordre , plus de précision et plus d’activité que n’en mirent dans cette opération importante MM. les sous - intendants chefs des différents services, et MM. Dubreuil et de Saint-Laurent, lieutenants de vaisseau chargés par l’amiral de surveiller et diriger tous ces travaux. Au i5 mai tous les bâtiments du convoi, au nombre de près de cinq cents, étaient rassemblés dans la rade de Toulon et dans celle d’Hières. Les quatre mille chevaux de l’armée devaient être embarqués en peu de temps, la marine s’étant engagée à fournir de grands moyens ; mais cette opération traîna en longueur malgré le zélé des officiers qui en étaient chargés, et ce ne fut que le 17 au soir qu elle fut entièrement achevée. Les embarcations armées nécessaires pour remorquer les chalans 1 qui conduisaient les chevaux aux bâtiments-écuries ne s’obtenaient qu’avec la plus grande difficulté ; malgré des messages sans cesse répé-
1 Rateaux plats de transport.
tés au major-général de l’armée navale, il n’en arrivait jamais qu’un très petit nombre, et il fut bien prouvé à toute l’armée qu’on ne voulait pas être prêt pour le 1 5.
Enfin le 18 parut un ordre du jour de l’amiral Du perré j il était ainsi conçu:
Vaisseau la Provence, 18 mai i83o.
« Officiers, sous-officiers, et marins,
« Appelés avec vos frères d’armes de Farte mée expéditionnaire à prendre part aux « chances d’une entreprise que l’honneur et « l’humanité commandent, vous devez aussi « en partager la gloire. C’est de nos efforts u communs et de notre parfaite union que le Roi et la France attendent la réparation de « l’insulte faite au pavillon français. Recueilli Ions les souvenirs qu’en pareille circonit stance nos ont légués nos pères ; imitons- «les, et le succès est assuré. Partons.
« Vive le Roi !... »
Le vice-amiral , DüPERRÉ.