‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 28 sur 110 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

venger la mort dun ami!... heureusement sa tentative ne réussit pas, et l’armée n’eut pas à se reprocher un lâche assassinat. Arrivé en présence de M. de Bourmont, il fut questionné : ses réponses et le peu d’ordre qu’il y avait dans ses idées firent croire à tout le monde que son cerveau était malade. On le soigna, on lui donna des vivres, et il fut reconduit aux avant-postes : cet homme était chef de tribu ; nous avons su depuis qu’il passait parmi les siens pour un inspiré de Dieu. Il s’était dévoué dans cette circonstance, et était venu se livrer à nous pour plaider la cause de sa tribu. Les bons traitements qu’il reçut produisirent leur effet, car le vendredi suivant ( 18 juin), jour consacré au repos par les musulmans, plusieurs Bédouins se présentèrent à nos avant-postes; ils avaient des bâtons surmontés d’étoffe blanche en signe de paix, et s’annoncèrent comme venant traiter pour leurs tribus; ils nous appriren t que des forces considérables étaient arrivées au camp de Staouëli; que l’Aga, gendre du Dey, s’y trouvait avec les meilleures troupes de la Régence, et que les

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Beys de Tittery et de Constantine l avaient joint avec leurs contingents. Ils demandaient qu’on leur assurât la propriété de leurs femmes et de leurs troupeaux; et ils prenaient l’engagement de se retirer dans leurs montagnes : cette négociation avait lien vis-à-vis les avant-postes de la deuxième division; ce furent les généraux Loverdo et Munck d’Uzer qui s’abouchèrent avec eux, et ratifièrent cette espèce de traité. Lorsque la nouvelle en fut connue dans l’armée, elle y répandit la joie; on se voyait déjà délivré de cet ennemi incommode qui, sans cesse sur nos flancs, nous harcelait jour et nuit, et interceptait déjà nos communications.

Nous apprîmes par eux que le Dey, plein de confiance dans la supériorité de ses forces, avait donné l’ordre de ne s’opposer en rien à notre débarquement, persuadé que pas un Français ne rapporterait en Europe la nouvelle de la destruction de l’armée. Il comptait sur-tout sur les janissaires, et n’avait rien négligé pour enflammer leur enthousiasme religieux. Des prières publiques avaient eu lieu dans toutes les mos-

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