CHAPITRE I
d’Alger, était à leurs yeux la plus puissante recom mandation .
La marine n’avait pas pour cette expédition un enthousiasme égal à celui de l’armée de terre; les officiers nous avouaient quils étaient chagrins de n’y jouer qu’un rôle secondaire, et la difficulté que le ministère avait éprouvée à trouver un officier-général pour commander les forces navales, donnait la mesure du peu d’empressement de cet illustre corps à prendre part à une campagne dont elle n’augurait pas bien. Les opinions émises à la Chambre des pairs par deux de ses officiers les plus expérimentés, MM. les amiraux Truguet et Werruel, n’avaient pas peu contribué à établir comme une vérité incontestable, que le débarquement d’une armée aussi considérable sur une côte exposée sans cesse aux orages, était une opération maritime de la dernière difficulté, et que le manque total d’eau en rendrait l’occupation impossible. Cependant, une fois l’expédition décidée, tous les officiers de la marine disponibles briguèrent l’honneur de partager avec nous les chances de cette cam-
pagne , et dans les grades inférieurs sur-tout nous n’eûmes qu’à nous louer de nos rapports avec eux.
Au commencement d’avril , les travaux d’armement étaient poussés avec une grande activité à Toulon ; déjà une bonne partie des bâtiments armés dans les ports de lOcéan, avait rallié dans la Méditerranée, et le port de Marseille était encombré des nombreux navires du commerce frétés pour le transport des approvisionnements de toute espèce; leur nombre s’élevait à cinq cents.
L’amiral Duperré, secondé de son majorgénéral M. Mallet, travaillait sans relâche à la composition et à l’organisation de ses équipages; les forces mises à sa disposition montaient à cent bâtiments de guerre, parmi lesquels on comptait onze vaisseaux et vingt frégates; six bâtiments à vapeur devaient assurer les communications de l’armée avec la France1. L’amiral avait son pavillon à bord
1 Ces forces étaient indépendantes de la station d’Alger, composée de quatre frégates et de dix-huit bâtiments légers; savoir:
Les frégates laBelione, capitaine Gallois ; la Circé, cap.