‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 30 sur 110 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

viennent parfaitement à ce genre de guerre. Ils ne se démentirent pas un seul instant, et malgré une chaleur accablante qui, pendant plusieurs jours, dépassa 28 degrés, malgré le poids énorme de leur sac, de leurs vivres, et soixante cartouches, leur élan fut constamment le même. Ils ne tardèrent pas à allier la ruse à l’audace, et ils devinrent en peu de temps plus redoutables en sachant mettre à profit les abris offerts par un terrain accidenté. Ces combats journaliers nous coûtaient de cinquante à quatre-vingts hommes; la perte de l’ennemi était beaucoup plus considérable; mais elle n’a jamais pu être évaluée au juste, parceque les Turcs sont dans l’usage de ne jamais abandonner un homme tué ou blessé sur un champ de bataille. Ils ont tous une corde attachée à la selle de leurs chevaux, et par ce moyen, ou bien avec le fer de leur lance où se trouve un crochet, ils traînent à leur suite ceux des leurs qui ont été atteints, et préfèrent les posséder sans vie, que de les laisser vivants entre les mains des chrétiens.

Nos reconnaissances du matin laissaient des proclamations dans tous les lieux qu’elles parcouraient, et des ordres étaient donnés aux avant-postes pour qu’on ne tirât pas sur ceux qui venaient les chercher.

Page 1