‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 36 sur 110 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

renfermaient, les unes des approvisionnements de farine, d’orge, de pain confectionné; d’autres des munitions de toute espèce, de la poudre, des balles, et des ustensiles de toutes les formes. La correspondance de l’Aga tomba en notre pouvoir, et on y remarqua une lettre d’un de ses émissaires, dans laquelle il était dit que les Arabes n’étaient disposés à marcher qu’au prix de l’or, et qu ils voulaient même être payés en monnaie de tel et tel règne. Plusieurs drapeaux pris sur l’ennemi furent apportés au général en chef. Tous ces trophées nous rappelaient les brillants exploits de cette armée d’Egypte qui fit l’admiration du monde entier, et nos jeunes soldats étaient fiers de perpétuer les souvenirs de gloire de leurs devanciers.

Le général en chef dut souffrir de ne pouvoir récompenser tant de braves sur le champ de bataille même où ils s’étaient distingués ; et depuis nous eûmes souvent lieu de déplorer ce fatal système qui lui avait refusé les pleins pouvoirs nécessaires.

L’artillerie de siège n’étant pas encore totalement débarquée, et les chevaux destinés

à la transporter n’étant pas même arrivés , on pensa qu’il était inutile de pousser ce succès plus avant; et le général en chef après avoir établi ses deux premières divisions à Staouëli, retourna àSidi-Ferruch où sa présence était réclamée pour accélérer les opérations du débarquement, et rendre plus faciles les rapports avec la marine. L’ordre du jour suivant fut publié le 20 au matin i

Au quartier-général de Sidi-Ferruch, le 20 juin i83o.

« Les troupes de l’armée d’expédition, « dans les journées du 1 4 et du 19 juin, «ont répondu à l’attente du Roi, et déjà « elles ont vengé l’insulte faite au pavillon «français. La milice turque avait cru qu’il « était aussi facile de nous vaincre que de « nous outrager; une entière défaite l’a dés- « abusée , et c’est désormais dans l’enceinte « d’Alger que nous aurons à la combattre. « Déjà beaucoup d’Arabes retournent dans « leurs foyers, d où la terreur les avait seule «arrachés. Bientôt ils reviendront pour «nous vendre leurs troupeaux et porter

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