CHAPITRE III
«l’abondance dans nos camps. Le géné- «ral en chef rappelle à l’armée que les « Arabes doivent y trouver un accueil ami- «cal, et que tous les marchés conclus avec « eux doivent être exécutés consciencieu- « sement.
« Les troupes de toutes les armes ont ri- « valisé de dévouement. L’administration , «par la sagesse de ses dispositions, par les «soins quelle donne aux blessés, a aussi « droit à des éloges.
«Le général en chef fera valoir auprès « du gouvernement les services de tous. Il « réclamera les bontés du Roi pour ceux qui «s’en seront rendus les plus dignes.
« Toutes les fois que l’armée a combattu, «le feu des bâtiments du Roi a appuyé ses «mouvements et a puissamment contribué « aux succès que nous avons obtenus. »
Le génie s’occupa aussitôt du prolongement de la route qui débouchait des retranchements de Sidi-Ferruch, et ce beau travail fut terminé comme par enchantement, sur un développement de près de trois lieues.
68 CAMPAGNE DAFRIQUE.
On travailla sans relâche à l’armement des retranchements, et l’artillerie prise sur les Algériens reçut cette destination; la marine nous fournit des affûts.
Le camp de Staouëli fut l’objet d’une curiosité générale, et la route qui y conduisait était sans cesse couverte de soldats de la troisième division et de marins qui y étaient attirés par les récits merveilleux de ceux qui y avaient combattu, et chacun de ces curieux en rapportait quelque chose. Cette route dans laquelle on voyait des cantinières allant et venant avec leurs mulets chargés de provisions, des matelots de toutes les nations appartenant au commerce, des artistes qu’on aurait plutôt pris pour des volontaires, avoir leurs moustaches et leurs armes; des voitures de vivres, d’ambulance, des caissons d’artillerie : cette route, dis-je, était des plus animées et nous faisait quelquefois illusion, au point de nous croire en France dans les environs d’une place forte de la frontière ou d’un de nos ports militaires.
Nous eûmes, pendant la campagne, occasion d’admirer le zèle et le courage de