‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 41 sur 110 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

cherchant sur une terre étrangère un asile que lui refuse son ingrate patrie!...

M. de Bourraont avait quatre fils à l’armée. L’aîné était auprès de lui, comme capitaine-aide-de-camp, le second (Amédée) était lieutenant de grenadiers au 4qe de ligne, le troisième aide-major au 3e de ligne, et le dernier sous-lieutenant au i5e. Il était impossible de n’être pas touché du dévouement de cette intéressante famille. Ces quatre jeunes gens pleins d’ardeur et de zèle pour le succès de l’expédition , semblaient rechercher les dangers pour acquérir de la gloire. Tout le monde se louait de l’obligeance et des bonnes manières de l’aîné qui , au ministère comme à l’armée, avait su se concilier l’estime générale. Le 2 4, au moment ou le 49e recevait l ordre d’entamer l’affaire, Amédée fit observer à son colonel que les voltigeurs donnaient sans cesse, et que les grenadiers méritaient bien qu’on leur fît le même honneur. Le colonel fit droit à sa réclamation, et ce brave jeune homme se précipita tout joyeux, à la tête de sa section, au-devant du coup qui devait lui

donner la mort!,.. Plus tard ses dépouilles 'mortelles enfermées dans un cercueil de plomb furent portées en France par son frère aîné, chargé de présenter au Roi les drapeaux pris à l’ennemi ; mais quand il arriva à Marseille, un autre drapeau que celui de la conquête flottait sur ses tours. Le fils aîné du vainqueur d’Alger était devenu suspect, et des ordres furent donnés à la douane pour que ce cercueil qui 11e devait inspirer que respect, et qui avait droit à tant d’honneurs, fût ouvert et visité comme devant contenir de l’or et des pierreries!... Un cri général d’indignation se fit entendre alors ; et si le pouvoir resté muet sembla complice de la plus honteuse profanation , l’opinion publique en fit justice et vengea cette noble et malheureuse famille.

La cavalerie ne put se déployer dans un terrain devenu montueux et coupé de ravins ; les officiers de cette arme étaient au désespoir de ne pouvoir rendre aucun service. Plusieurs hommes isolés, et entre autres le fils du colonel Amoros , lieutenant d’artillerie, qui avait suivi l’armée pour y

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