CHAPITRE IV
en mission , et les Arabes les suivaient à peu de distance, pour tomber à l’improviste sur les traîneurs.
Le 26, les premières pièces de siège arrivèrent à Staouëli, et deux jours après, un parc composé de quinze bouches à feu de 12 et de 16, avec un approvisionnement complet, s’y trouvait rassemblé. Le génie y avait aussi une bonne partie de ses outils, des sacs à terre et des fascines.
Des convois de blessés, arrivant fréquemment des avant - postes , indiquaient que l’ennemi tenait avec opiniâtreté dans ses positions , et que les combats journaliers étaient meurtriers. La journée du 26 avait coûté, à la troisième division seulement, six officiers blessés et cent soixante-deux hommes mis hors de combat. Le 27, cette même division avait eu un officier d’état-major tué, sept officiers et cent soixante-sept hommes tués ou blessés. Le commandant Borne, premier aide -de -camp du duc d’Escars, eut l’épaule emportée par un boulet de vingtquatre ; il ne survécut que peu de jours à sa blessure. Cet officier, nommé jeune encore
chef de bataillon en 1823 pour avoir sondé sous le feu de l’ennemi le canal du Trocadéro, était généralement estimé. La famille royale lui portait un vif intérêt , et la mort vint le frapper au milieu d’une carrière brillante qu’il était digne de parcourir. Il fut regretté de tout le monde; il était à-la-fois brave, instruit, et très modeste. A la première division , un bataillon d’infanterie légère avait été surpris par l’ennemi et avait beaucoup souffert; enfin la perte des première et troisième divisions, depuis qu elles occupaient cette position , pouvait s’élever à près de huit ou neuf cents hommes.
Dans un de ces combats journaliers livrés par la troisième division qui soutenait alors presque à elle seule tous les efforts des Algériens, les ouvrages qui couvraient nos avantpostes furent pris et repris. Un corps considérable de Turcs était parvenu à couronner nos épaulements et à y planter ses étendards ; déjà les tirailleurs d’un bataillon du 35e et de six compagnies d’infanterie légère , chargés de la défense de ces ouvrages, se reployaient, lorsque le brave capitaine de voltigeurs