‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 56 sur 110 · CHAPITRE IV. ] o · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ] o

et les postes de tranchée. Nous eûmes à regretter plusieurs bons officiers.

Le général en chef visitait tous les jours les travaux, et sa présence encourageait le soldat à supporter plus gaiement la fatigue et le péril. A mesure que nos ouvrages avançaient, le feu du fort se ralentissait, et l’ennemi semblait réserver tous ses moyens pour le moment décisif. La nuit seulement il nous lançait des bombes qui presque toutes éclataient en l’air ; elles étaient toujours précédées de malédictions tirées du Coran, et de cris qui semblaient un dernier présage de mort.

Le pays qui environne Alger est des plus pittoresques; les mouvements de terrain y sont grands sans être heurtés. La végétation y est superbe, et par- tout des sources et des courants d’eau y fécondent la terre. Les fruits y sont en abondance, et le mélange des arbres qui les portent avec ceux qui sont propres à ce climat, comme le palmier, l’aloès et la raquette, y produit le meilleur effet. Les Algériens aisés habitent

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beaucoup la campagne ; leurs maisons ne manquent pas dune certaine élégance, et plusieurs même sont construites avec luxe ; les voûtes mauresques y sont en grand nombre, des treilles abritent presque toutes les cours, et des terrasses où I on va respirer l’air du soir terminent toutes les habitations. De tout temps les consuls européens avaient semblé fuir la ville pour venir habiter ses environs. Tous ont des maisons de campagne, où la recherche et le comfortabie de notre civilisation se trouvent unis au goût du pays; ce sont en général des habitations fort agréables. Nous avons remarqué entre autres le Consulat de Suède dont nous nous sommes emparés le jour de l’investissement, comme d’un poste avancé essentiel à occuper pendant la durée du siège. L ameublement, la distribution intérieure, la décoration des appartements, y étaient un mélange des habitudes orientales et du goût européen ; et ce mélange y produisait le meilleur effet. Le jardin était dessiné à l’anglaise ; les allées y étaient bien tenues et sablées; enfin si les boulets du fort de l’Empereur n’étaient ve-

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