‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 57 sur 110 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

nus mettre un peu de désordre dans tout cela, et nous rappeler l’Afrique, nous nous serions crus dans une des jolies maisons de campagne des environs de Paris, ou des côtes de la Provence. Nos soldats y trouvèrent une quantité considérable de Moniteurs et autres journaux, dont ils firent des feux de bivouacs.

La position de ce Consulat est remarquable*, il est bâti sur un rocher qui est à pic du côté qui regarde la mer ; une belle terrasse plantée le couronne de ce côté, et on y jouit de la plus belle vue du monde. La vallée qui entoure ce rocher de trois côtés est parsemée de maisons et de jardins. Leur blancheur éblouissante contraste avec quelques ruines auxquelles le temps a donné son empreinte, et dont les briques ont conservé leur couleur première. Là on se croirait vraiment dans les plus belles parties de l’Italie ; ce sont des aqueducs , des monuments en ruine, de belles masses d’arbres, un ciel d’un bleu pur, et des ombres prononcées, comme on ne les voit que dans les contrées méridionales. Tout ce beau pays présentait alors

Io8 CAMPAGNE D’ AFRIQUE.

Fimage de la guerre; les maisons étaient abandonnées : les échos des vallées ne répétaient que le bruit du canon ; les jardins envahis par nos troupes étaient convertis en bivouacs, et le boulet sillonnait leurs platesbandes. Le palmier, cet arbre si beau dont la tête altière se balance mollement dans les airs , et dont les branches semblent toujours protéger quelque ruine contre les injures du temps, le palmier, dis -je, était frappé de mort. Les eaux que les Algériens savent si bien ménager et dont ils tirent tant de parti, étaient détournées de leur cours par nos soldats qui, sans s’inquiéter de ce que deviendraient leurs voisins, faisaient une saignée à un conduit souterrain pour remplir leurs bidons; et on vit souvent plusieurs régiments manquer de cet objet de première nécessité, parcequ’un cavalier avait brisé ce même conduit pour y faire boire son cheval.

Le 4 juillet 9 à la première lueur du jour, une fusée partie du quartier-général donna le signal , et les batteries furent démasquées; la canonnade la plus vive com-

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