‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 6 sur 110 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

pour l’époque quelle avait fixée, et que l’organisa tion de l’armée mènerait au moins jusqu’à cette époque.

Cependant, au Ier mai, l’armée était dans ses cantonnements, et prête à être embarquée; ses bataillons au grand complet présentaient un effectif imposant ; tous les effets de campement étaient distribués ; les armes, la chaussure et l liabillement dans le meilleur état. Chaque soldat était muni d’un sac de campement, d’une ceinture de flanelle, d’un bidon en bois pour le vin et d’un autre en fer-blanc pour l’eau, d’une coiffe de shako en toile de coton blanche pour préserver sa tête des effets d’un soleil brûlant; ils avaient en outre une couverture de laine pour trois ; enfin rien n’avait été négligé pour assurer la santé du soldat, et la protéger contre les influences pernicieuses d’un climat dévorant. Les bâtiments de transport avaient à bord un approvisionnement de deux mois de vivres et trois mois de fourrages, abstraction faite de la durée de la traversée. Ils contenaient de plus des charpentes de hangars destinés à recevoir quinze

cents malades, trois mille lits en fer avec leur garniture : deux cent cinquante-six voitures d’administration, dont moitié à deux roues, à timon et à pompe, de nouvelle invention , et destinées à rendre de grands services par leur forme et leur légèreté ; vingt et un fours en fer battu qui devaient servir aux premiers besoins, et quatre mille cinq cents caléfacteurs établis de manière à recevoir chacun la marmite de huit hommes.

L’embarquement aurait dû commencer le 6, immédiatement après le départ de M. le Dauphin, mais ce ne fut que le 1 1 que les premières troupes passèrent à bord; l’ordre du jour sui vant parut dans la matinée :

Toulon, il mai i83o.

« Soldats !

« L’insulte faite au pavillon français vous « appelle au-delà des mers ; c’est pour le vente ger, qu’au signal donné du haut du trône, « vous avez tous brûlé de courir aux armes, «et que beaucoup d’entre vous ont quitté « avec ardeur le foyer paternel.

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