CHAPITRE IV
influent à Alger; tous deux parlaient très bien français, et ils expliquèrent avec beaucoup d’adresse les prétentions du Dey. M. de Bourmont confirma de nouveau ce qu’il avait dit à Mustapha, et il ajouta que le Dey pouvait, sans crainte, s’en remettre au Roi de France du soin d’assurer honorablement son avenir.
Pendant ce temps, le commandant de la flotte algérienne s’était rendu à bord de la Provence y pour solliciter une suspension d’armes ; mais l’amiral Duper ré avait répondu que tant que le drapeau blanc ne flotterait pas sur les tours d’Alger, il la considérerait comme en état de guerre. De nombreuses embarcations sortaient du port, et se dirigeaient vers le cap Matifou, et le rivage était couvert de familles emportant avec elles tout ce quelles possédaient, et se dirigeant vers l’intérieur du pays.
A deux heures, Sidi Mustapha et Hamed Boudarba reparurent; ils étaient accompa-
instamment le Gouvernement de ne pas remettre Alger sous la domination de la Porte.
x i6 CAMPAGNE D’AFRIQUE,
gnés du consul anglais qui était chargé par le Dey d’intervenir en sa faveur pour obtenir des conditions moins sévères. Ils furent reçus dans un champ voisin du fort, à gauche de la îxmte, et les articles de la capitulation furent dressés en présence des principaux chefs de l’armée, et le général Desprez tenant la plume. En voici les bases , telles qu elles furent posées :
((L’armée occupera la ville et la Cassauba,
« et généralement toutes les possessions de la uRégence, le 5, à neuf heures du matin.
(( La religion et les coutumes seront res- (( pectées.
« L’entrée des mosquées sera interdite à « tous ceux de l’armée.
« Le Dey et les Turcs quitteront Alger (( dans le plus bi’ef délai.
(( On leur garantit la conservation de leurs (( richesses personnelles.
(( Ils seront libres de choisir le lieu de leur (( retraite. »
Pendant ce temps, le général Valazé pro- . fitait de la suspension d’armes pour s’approcher de la place; et dans la nuit suivante,