II
on exécuta des travaux qui nous mettaient à même de cheminer à couvert jusqu’à peu de distance de la Cassauba, dans le cas ou les négociations auraient été rompues.
Lajoie était dans l’armée; on se félicitait, on s’embrassait: Alger! cette ville imprenable, ce rempart de l’islamisme! Alger! la ville sainte parmi les croyants, la ville pure de toute profanation! Alger la guerrière allait tomber en notre pouvoir, et dans peu d’heures le noble drapeau de France allait y remplacer l’étendard musulman! Ah! que nous étions fiers d’acquérir une si belle gloire à cette France tant aimée, et que nous étions heureux d’avoir fait plus que l’Angleterre, notre éternelle rivale !
Il y avait vraiment bien de quoi enivrer de bonheur en songeant aux résultats immenses que cette conquête allait avoir pour la France et pour les états de l’Europe que nous venions d’affranchir des tributs honteux qu’ils payaient à ces audacieux forbans. Nos regards se portèrent aussi, dans ce moment solennel , sur notre Roi ; cette guerre avait toujours été sa pensée favorite, et son ame
pieuse s’en était fait un devoir comme un des plus grands services qu’on pût rendre à la chrétienté. Nous pensions à la joie qu’il allait en ressentir ; hélas ! .