CHAPITRE Y
Entrée dans Alger. — La Cassauba. — Le trésor de la Régence. — Établissements publics. — Désarmement des janissaires. — Visite du Dey au général en chef. — Son départ pour Naples. — Organisation des différents services.
Le 5 juillet au matin, tout se disposa dans l’armée au grand événement de la journée. Les corps qui devaient former l'avant-garde eurent ordre de se mettre en grande tenue ; à midi les portes devaient être occupées. La joie était si générale, l’empressement était tel chez tout le monde pour connaître cette ville étonnante , qu’on négligea les précautions usitées en pareil cas, et qu’on s’engagea dans un chemin très étroit et encaissé, le seul qu’on eût reconnu. Aux approches de la ville, le terrain est couvert d’aloès tellement épais qu’il fut très difficile de les franchir, malgré le secours des sapeurs du génie qui cherchaient à frayer
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plusieurs passages. L’impossibilité de déployer un bataillon , et l’encombrement du chemin par les parcs de réserve et de siège qui, indépendamment des batteries de campagne , avaient été mis en mouvement par un malentendu, occasionèrent un peu de désordre et d’hésitation, et le 6e de ligne, qui devait marcher en tête de colonne , se fit attendre. Si le terrain avait été reconnu à l’avance, et si les ordres eussent été donnés avec plus de clarté et de précision pour la mise en mouvement des troupes, on aurait évité cet inconvénient, qui ôta à notre prise de possession toute la solennité qu’elle devait avoir.
Le général Lahitte qui s’était mis à la tête de l’artillerie, ignorant que la marche fût arrêtée par le 6e de ligne , qu’on attendait, avait continué à s’approcher de la ville, et ayant vu la porte libre, il y était entré avec deux compagnies. Peu d’instants après, le général en chef arriva avec l’avant-garde, et l’intérieur de la Cassauba fut occupé par un bataillon ; un autre forma les faisceaux en dehors de la porte d’entrée; le général