‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 64 sur 110 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Tholozé, sous-chef de le ta t-maj or-général, nommé commandant .de la place, organisa le service.

On songea d’abord à s’emparer des casernes des janissaires dont on connaissait l’esprit remuant, et qui étaient encore armés. A cet effet, le général Montlivault, qui s’était rendu maître de la porte de Bab- Azoun, logea un de ses régiments, le 34e, en ville , et les établissements de la marine furent occupés par le 35e de la brigade Bertier. Le reste de l’armée fut groupé autour d’Alger, et l’artillerie établit son parc général sur les hauteurs les plus rapprochées de la ville. Le général Bertliezène se logea avec la brigade Achard à la belle maison de campagne du Dey, au nord de la ville. Le général Loverdo s’installa en ville, et le duc d’Escars resta dans sa position première, en arrière des Consulats de Hollande et d’Espagne.

Au moment de notre entrée dans la ville , le plus grand calme y régnait ; quelques habitants étaient sur le seuil de leurs portes : ils semblaient résignés à tout; du reste, point

de foule , et aucune marque d’approbation ni d’improbation de leur part. Le palais du Dey venait dêtre évacué depuis une heure seulement par les gens de sa suite, et le désordre qui y régnait indiquait la précipitation avec laquelle il avait été abandonné. Le Dey avait envoyé dans la matinée demander une prolongation de quelques heures : et sur la réponse négative du général en chef, il s’était décidé à quitter à la hâte la Gassauba, pour aller habiter avec tout son monde une maison située dans le bas de la ville, et qui lui appartenait avant qu’il eût été élevé à la souveraine puissance.

Le ministre des finances nous attendait avec les clefs du trésor ; il les remit au président de la commission nommée pour en faire l’inventaire, et les scellés furent apposés sur toutes les portes. Cette commission était composée de l’intendant -général, du général Tholozé, et du payeur-général. On fut ébloui dans le premier moment de la quantité d’argent monnoyé qui s’y trouvait, et on l’estima approximativement à soixantequinze ou quatre-vingts millions ; c’est cette

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