‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 73 sur 110 · CHAPITRE V. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. l

on créa un conseil de santé qui eut pour mission de régler les quarantaines. Ces excellentes mesures contribuèrent à maintenir l’ordre dans toutes les branches du service.

Une grande revue de l’armée était annoncée pour le 1 2 ; on croyait que le général en chef ne la passerait que pour distribuer aux troupes les récompenses si impatiemment attendues. M. de Bourmont s’était flatté effectivement que le premier travail envoyé en France au commencement de la campagne pourrait lui être renvoyé pour cette époque, mais il eut la douleur de se montrer encore aux soldats sans avoir rien à leur donner; et nous sûmes depuis que par une fatale parcimonie ce travail avait été renvoyé à l’armée, comme trop considérable, avec invitation de le réduire!... et l’on regardait à quelques bouts de ruban pour récompenser des services que toute l’Europe admirait, et l’annuaire à la main, on consultait l’ancienneté de grade de tel ou tel officier porté pour de l’avancement!... Ah ! quel aveuglement ! Pourquoi faut-il que la main du prince ait été retenue par d’aussi

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misérables considérations , et que tout ce qui fut demandé alors pour l’armée n’ait pas été mis immédiatement sous ses yeux, sans avoir passé par la filière des bureaux!...

Le découragement commença à se mettre dans les rangs ; les maladies y firent du ravage ; et lorsque le 1 8 on vit le Sphinx , de retour de Toulon, apporter au général en chef sa nomination de maréchal de France sans aucune autre récompense, l’étonnement fut universel . M. de Bourmont lui-même sentit tout ce qu’il y avait de désobligeant pour l’armée dans ce retard, et il chercha, dans toutes les réponses qu’il fit aux félicitations des différents corps, à leur exprimer le chagrin qu’il ressentait de ne pouvoir encore les récompenser de leurs brillants services.

Le Bey de Tittery1, qui s’était empressé de faire sa soumission, fut investi de nouveaux pouvoirs par le général en chef, pour gouverner au nom du Boi de France la province qu’il administrait sous la Régence.

1 Le même qui depuis a levé le premier l’étendard de la révolte, et que le général Clausel a fait prisonnier dans son expédition sur Blida et Médéha.

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