‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 75 sur 110 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

ce nombre était la fameuse pièce connue sous le nom de Consulaire , dont le boulet pèse cent soixante livres : elle est aujourd’hui à l’arsenal de Toulon.

La marine se mit à l’ouvrage; un ingénieur-constructeur et des ouvriers envoyés de Toulon visitèrent le matériel, et on arma une petite flotille composée de six goelettes qui furent trouvées en bon état. Une frégate et plusieurs autres bâtiments furent vendus pour être démolis, et en faire du bois de chauffage pour l’armée.

Le service des hôpitaux était seul en souffrance ; les moyens qu’on s’était créés dans la ville ne suffisaient pas, et le nombre des malades augmentait dans une proportion effrayante. Le désir de revenir en France commençait à dominer tous les esprits, et la crainte de ne plus revoir son pays aggravait le mal du soldat atteint de la dyssenterie et des maladies causées par le climat. On les voyait se traîner vers le lieu de rembarquement, et chercher d’un œil mourant le vaisseau qui devait les ramener sur le sol de la patrie; plusieurs n’arrivaient pas jus-

qu’au rivage, et en tombant, semblaient accuser le sort qui les privait de revoir la terre natale.

Ces scènes de désolation firent une vive impression sur les Algériens; ils crurent que l’armée entière était dans cet état, et les partisans du gouvernement déchu conçurent de coupables espérances. Ils entretenaient des correspondances avec les Beys qui n’avaient pas encore fait leur soumission, et leur envoyaient de la poudre et des munitions. Une surveillance un peu plus active aux portes de la ville, aurait pu remédier à ce grave inconvénient; mais nous portions encore en cela, comme en toute autre chose , notre insouciance naturelle et une confiance aveugle.

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