‹ Campagne d'Afrique en 1830Chapitre 83 sur 110 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

El Callahj connue par son grand marché de schalls et de tapis.

Blida , Médéha, villes de l’intérieur.

Et enfin Gigery, située sur le bord de la mer, et dont les habitants sont considérés comme la race la plus féroce de toute la Barbarie.

La population d’Alger est très mélangée; elle se compose principalement de Turcs, de Kolouglis, de Maures, d’Arabes, de Kabyles, et de Juifs; il s’y trouve aussi une assez grande quantité de Nègres.

Les Turcs formaient le corps des janissaires qui se recrutait tous les ans dans les principales villes du Levant. Ils étaient en général remuants et toujours prêts à déposer le Dey régnant pour en choisir un autre parmi eux. Insolents, durs, et despotes pour les autres classes des habitants, ils étaient redoutés et furent peu regrettés.

On en comptait à-peu-près trois mille au moment du débarquement de l’armée française, et il n’est resté de ce nombre dans le pays que ceux qui étaient frappés de cécité et ceux qui par d’autres infirmités, ou leur

grand âge, étaient devenus incapables de

porter les armes.

Les Kolouglis, ou fils de Turcs de la Régence et de femmes maures, viennent dans l’ordre de la considération et des richesses, immédiatement après les T urcs ; mais ils sont incapables, par le fait de leur naissance, d’occuper de grands emplois, car, suivant le préjugé établi, le mélange des femmes du pays altère la pureté du sang ottoman. Cependant ils étaient les objets des plus tendres soins de la part de leurs pères qui, dans la vue de les dédommager du rang et des avantages auxquels il leur était interdit de prétendre, saisissaient tous les moyens de leur ménager une fortune indépendante.

Les Maures composent plus de la moitié de la population ; leur extérieur semble prouver qu’ils descendent d’un mélange d’anciens Mauritaniens et Numides, avec les Phéniciens, les Romains et les Arabes. Ils préfèrent le luxe des habits à la bonne chère ; les exercices du cheval et le tir des armes à feu sont leur passe-temps favori.

Les Arabes venus d’Asie conservent leur

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