LIVRE TROISIEME. — VENDOME
prochées de celles de la 1" division du 2V corps, et au jour, une colonne assez considérable était signalée dans la direction de Saint-Jean-Froidmentel. Le général Rousseau résolut de faire enlever Morée et les hauteurs environnantes, afin de rentrer en possession de toutes les positions qui nous étaient nécessaires pour garder sérieusement la vallée et le débouché sur la rive gauche du Loir, de la grande route qui va du Mans à Vendôme. Une batterie, placée à Blinières , prépara le mouvement en forçant l'artillerie ennemie à changer plusieurs fois d'emplacement, ce qui permit à nos tirailleurs de s'approcher de Morée et de pénétrer dans une partie du village, malgré un feu très-vif partant des maisons. Ce fut à ce moment, vers trois heures, que l'ordre de retraite parvint au général Rousseau ; il se borna dès lors, avec raison, à se maintenir sur les positions qu'il avait enlevées, tout en occupant l'ennemi, et à la nuit, il se replia sur Saint-Hilaire, où il repassa sur la rive droite pour se conformer au mouvement d'ensemble de l'armée.
La ligne à occuper, à la fin de la journée du 16, était celle de Montoire, les Roches, Fortan, Épuisay, le Temple, Mondoubleau et Saint- Agile, pour s'appuyer d'un côté au Loir et de l'autre au Droué. Le but du commandant en chef était d'arriver le lendemain derrière la Braye, en poussant sa gauche jusqu'à la Ferté-Bernard , pour être maître au plus tôt de la vallée de l'Huisne; mais le temps était tellement mauvias, et les routes si encombrées par la neige, qu'avec le retard que lui avaient déjà occasionné les derniers engagements, le 2P corps fut dans l'impossibilité de faire les étapes qui lui avaient été fixées pour atteindre ce but.