‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 146 sur 345 · DESORDRES A L AILE DROITE · texte numérisé non relu

DESORDRES A L AILE DROITE

Le mouvement de l'aile droite, commencé avec ordre, ne continua malheureusement pas avec la même régularité. On entrait dans un pays d'un aspect tout nouveau, partout accidenté, coupé de haies et de talus en terre, qui rendent la marche impossible ailleurs que sur les chemins. Les colonnes s'allongèrent; des corps, cherchant des passages , s'écartèrent de leur direction , et quelques-uns d'entre eux commirent la faute de se diriger directement sur le Mans , sans plus se préoccuper de l'armée, qu'ils précédèrent ainsi d'au moins deux jours. Le Mans était devenu en effet une attraction à laquelle un grand nombre d'hommes ne put résister. C'était pour eux le repos, le bien-être, et tout au moins un répit pendant lequel ils n'entendraient plus ce canon, qui tonnait constamment tout le jour et une grande partie de la nuit depuis le 28 novembre. Un grand nombre de mobiles et de soldats de ligne se répandirent sur tous les chemins, et bien que la plupart, mal chaussés, eussent les pieds endoloris par la neige et par la marche, ils doublèrent les étapes pour arriver plus vite. Il fallut envoyer en avant, pour arrêter ces fuyards sur les routes principales, les régiments de gendarmerie, mais ils ne purent surveiller tous les petits chemins qui sillonnent le pays , et le Mans fut bientôt encombré par cette foule débandée, qui, privée forcément de ses distributions , échappant à toute discipline , présentait l'aspect le plus misérable et le spectacle le plus honteux pour une armée. Il est consolant toutefois de pouvoir dire que si de pareils exemples ont été donnés trop fréquemment dans cette partie de la retraite, les gens de cœur qui restaient dans le rang, et c'était le plus grand nombre, cachaient à l'ennemi, par l'ordre dans lequel ils

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