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marchaient et leur vigueur à le repousser, ces défaillances, qui ne s'expliquent que par la jeunesse et l'inexpérience du métier militaire, de ceux qui s'y laissèrent aller.
Cependant, après avoir longtemps observé nos mouvements, dont il ne paraissait pas se rendre compte exactement , l'ennemi finit par descendre les rampes qui du Temple mènent à Vendôme, et à s'engager dans les rues de la ville. Certain dès lors que notre retraite était bien réelle, il se porta sur les ponts, en trouva un incomplètement détruit, le répara à la hâte, et eut bientôt sur la rive droite des uhlans et de l'infanterie. Ces éclaireurs traversèrent la plaine et se mirent à suivre nos colonnes, s'emparant d'un certain nombre de voitures, que les charretiers abandonnaient parce que leurs chevaux épuisés ne pouvaient remonter les pentes rapides et glissantes qui se présentaient à chaque instant. Nos pertes eussent été de peu d'importance si elles se fussent bornées à ces voitures ; malheureusement une mitrailleuse embourbée dut être abandonnée du 16* corps ^ et l'amiral, averti trop tard, ne put la retrouver, bien qu'il eût envoyé un bataillon pour la 1 éprendre. Enfin, une batterie de 12 de la réserve, en position au plateau de Bel-Air, et dont les hommes, mal surveillés par les officiers, s'étaient enivrés avec le vin d'une cave qui leur avait été ouverte, quitta trop tard son emplacement et fut attaquée vers le soir au moment où elle suivait difficilement un chemin étroit et boueux. Deux fois la 1" section de la 3" compagnie bis du génie, commandée par le capitaine Joly, et le 11® bataillon de chasseurs ^ , parvinrent à repousser l'ennemi, déjà maître de nos pièces; mais le commandant de la batterie ayant eu la mauvaise idée de continuer sa route par le chemin creux dans lequel il s'était engagé, au lieu de chercher à gagner
* Commandant Fouineau.
le plateau où il aurait retrouvé nos colonnes, cette batterie fut définitivement prise \
Le 16* corps arriva à la fin de la journée sur les positions qui lui avaient été assignées, l'amiial ayant son quartier général à Fortan. Le 17* corps put également faire le mouvement qui lai avait été prescrit, à l'exception de sa 1'*" division qui, s'étant égarée en traversant la forêt de Vendôme, avait abouti à Épuisay. La marche du 2 P corps était plus difficile par suite du terrain , et dès lors plus retardée. La division de Bretagne, qui était restée sur ses positions jusqu'à la nuit pour cacher son mouvement de retraite, ne se mit en route qu'à huit heures du soir pour Droué. Les trois autres divisions, parties également fort tard, n'atteignirent dans la nuit, la P% que la Chapelle-Vicomtesse , la 2* et la 3% Remiliy, tandis que la réserve s'était arrêtée à Beauchéne.
Arrivé à Epuisay, le commandant en chef s'occupa de préparer l'arrivée de l'armée au Mans, et de faire rétrograder les convois qui amenaient des vivres à Vendôme et obstruaient les routes à suivre. Il prescrivit au général de Négrier, commandant la subdivision de la Sarthe, d'arrêter aux portes de la ville tous les fuyards, et de retenir tout ce qui était destiné à la deuxième armée, hommes, corps et matériel, que le gouvernement acheminait avec beaucoup d'activité sur ses derrières pour la renforcer. Des instructions analogues étaient données aux généraux commandant à Tours et à Angers ^. Enfin, la dépêche télégraphique ci-après rendait compte de la situation au ministre de la guerre :
1 Dans cet engagement, qui fait grand honneur au capitaine Joly et à ses sapeurs, 40 de nos soldats avaient lutté contre 200 Prussiens, leur avaient tué ou blessé une cinquantaine des leurs et fait 15 prisonniers. Ces sapeurs pour la plupart ne comptaient pas trois mois de service. La section eut J homme tué et 8 blessés.
2 Voir à la note 4 les dépêches télégraphiques 427 et 430.
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« Notre mouvement de retraite d'hier n'ayant pu com- » mencer qu'après avoir replié en deçà du Loir les » troupes qui couvraient Vendôme, fait évacuer la ville et » la gare et sauter les ponts, s'est effectué très-diffici- V lement, harcelé de tous côtés par l'ennemi, qui avait » pu passer la rivière à gué ou au moyen des ponts in- » complètement détruits, sur deux seules routes obstruées »*par les convois, et par des chemins défoncés où l'artil- » lerie s'embourbait. Après avoir été défendus autant que » possible, des canons, dont les attelages et les servants » avaient été tués pour la plupart, ont dû être laissés dans » un ravin à l'aile droite; on n'a pu les en tirer. Nous ' sommes pressés de tous côtés : à droite et en avant par » le prince Charles et le duc de Mecklembourg, à gauche >i par des troupes qu'amènerait le général de Manteuffel » et dont les avant-postes ont déjà été signalés à Vibraye, " à Melleray et à Mondoubleau.
M Bien qu'il me tarde d'arriver au delà de la Sarthe, je » ne puis marcher que lentement à cause des convois, » du manque de routes et de la fatigue des hommes, qui »' est extrême. Toute marche de nuit ou forcée serait le » signal d'une débandade. Mieux vaut combattre, et nous » ferons de notre mieux. «
Les instructions données à Épuisay pour la marche du 1 7 sont les suivantes :
« Au grand quartier général d'Epuisay, le 16 décembre 1870.
» L'ennemi n'a pas cherché à inquiéter sérieusement
» le mouvement de retraite qui s'est opéré aujourd'hui; il
» est regrettable que dans les corps d'armée et les divi-
» sions on n'ait pas suffisamment étudié les ressources que
» pouvaient présenter les chemins dans les directions à " suivre ; il en est résulté que les convois, les parcs, les ') bagages se sont enchevêtrés sur les mêmes routes, ce » qui est une cause de désordre, un danger et un retard
V dans la marche.
» Le général en chef rappelle qu'il se borne à indiquer » à chaque corps d'armée la direction générale qu'il doit » suivre et les positions qu'il doit atteindre, et que l'étude » de la marche doit être ensuite faite dans chaque corps » d'armée et dans chaque division.
» L'ennemi pouvant tenter de suivre l'armée, il est de » toute importance que les troupes , marchant en arrière » des bagages et du matériel pour les couvrir, soient » toujours disposées de façon à se prêter un mutuel appui « et à opposer promptement de la résistance.
» Le pays offre d'excellentes positions pour une retraite,
V et si notre artillerie ne peut se porter sur tous les points, » les difficultés sont les mêmes pour celle de l'ennemi. La » défense consiste donc surtout dans un bon emploi de » l'infanterie se retirant lentement, couverte par des ti- » railleurs et protégée par quelques batteries d'artillerie » disposées à l'avance sur des positions reconnues.
M Demain 17, l'armée opérera le mouvement suivant :
» Le 2P corps se portera à l'ouest de la route de Saint- » Calais à Vibraye, et s'établira parallèlement à cette » route, sa gauche à Vibraye, sa droite entre Gonflans et » Berfay.
» Le 17^ corps viendra se placer en arrière de la même » route, sa gauche à Gonflans, son centre à Saint-Galais, ' et sa droite dans la direction de Saint- Gervais en 0 Vie.
» Le 16* corps s'étendra de Saint-Gervais à gauche, à > Bessé à droite, son centre à hauteur de la Ghapelle-Huon.
» Les troupes aux ordres du général Barry, et la bri-