LIVRE PREMIER. — ORLEANS
Rosières, que n'attiiaitpoint encore la division Barry. Enfin celle-ci arriva en ligne à midi, et son artillerie, placée en avant de Saintry, commença à tirer sur Goulmiers. L'action était dès lors engagée sur tout le front de l'armée. A droite, la Renardière et le Grand-Lus étaient vigoureuse^ ment attaqués par le 15* corps, aidé par la batterie de 12 dont il vient d'être parlé; au centre, Goulmiers devenait l'objectif de la division Barry; plus loin. Rosières, Saint- Sigismond et Gémigny résistaient à la brigade Deplanque; tandis qu'à l'extrême gauche la cavalerie du général Reyau au lieu de tourner les villages faisait canonner par ses batteries à cheval ceux de Saint-Sigismond et de Champs, fortement occupés et défendus.
L'ennemi paraissait partout en forces considérables. On pouvait apercevoir de grandes lignes d'infanterie en avant des bois du Buisson et de Rosières; sa cavalerie elle-même s'était avancée un instant jusqu'auprès des fermes de Vaurichard et d'Ormeteau, pour chercher à repousser nos tirailleurs et à tourner notre gauche; de nombreuses batteries balayaient de leurs feux tout le terrain découvert qu'il nous fallait encore parcourir. Vers deux heures seulement, la Renardière et le Grand-Lus purent être emportés par le 1 5® corps , et Goulmiers fut enfin abordé parles tirailleurs de la 1" division du 16', auxquels se joignirent ceux de la division Peytavin. Ce premier effort contre cette position si importante nous avait rendus maîtres des jardins, mais la résistance principale était celle du village. Le général Barry dut faire appuyer sa 1'* brigade par une partie de la 2^ Enfin vers trois heures et demie notre artillerie ayant forcé celle des Allemands à ralentir son feu, le même général lança quatre bataillons sur sa droite pour faire un mouvement tournant, et prononça avec le reste de ses troupes une attaque de front. On fut reçu sur tous les points par une fijsillade
très-vive et des feux à mitraille ; il y eut alors un mouvement d'hésitation que le général Barry fit premptement cesser en se mettant lui-même, à pied, à la tête de la principale colonne et en se précipitant sur le villag^e aux cris de : Vive la France! En avant les mobiles! Les chefs de cor\)S imitant cet exemple , l'élan de nos troupes devint bientôt irrésistible; l'ennemi dut se replier successivement des jardins et du parc, laissant entre nos mains un assez grand nombre de prisonniers. A quatre heures, Goulmiers était entièrement à nous , et trois de nos batteries , placées sur le côté qui fait face à Rosières et à Gémigny qui tenaient encore, rendirent dès lors tout retour offensif impossible.
Pendant que ces faits se passaient sur la droite du 16* corps, l'amiral Jauréguiberry était parvenu avec la brigade Deplanque à faire occuper le village de Champs par un bataillon du 37* de marche; mais à peine entré ce bataillon fut obligé de céder devant une artillerie puissante et de nouvelles colonnes d'infanterie bavaroise qui entraient en ligne. Au même moment, les batteries établies en arrière de Champs et de la Robrechère et celles en avant de la Mouise et de Gémigny redoublant leurs feux, jetèrent de l'indécision dans toute la brigade. De ce côté nos pertes étaient sensibles et incessantes; il fallut toute l'énergique volonté de l'amiral pour maintenir nos jeunes troupes dans les positions qu'elles avaient conquises. Enfin une batterie de 12 de la réserve, réapprovisionnée en munitions, parvint à maîtriser l'artillerie ennemie. A cinq heures, toutes les troupes de la Indivision se portèrent en avant et s'emparèrent au pas de course de Champs et d'Ormeteau ; le premier était crénelé et disposé à mer*» veille pour repousser notre attaque ; le second était moins important et moins bien préparé , on y fit quelques prisonniers. La prise de ces deux villages fat le signal de la