LIVRE QUATRIEME. — LE MANS. 2S
cées du bataillon des Deux-Sèvres arrivé du Mans par le chemin de fer, sont établies autour de Notent, de façon à garder toutes les routes par lesquelles l'ennemi peut menacer cette ville. Elles occupent les positions de la Fourche, à l'embranchement de la route de la Loupe et de celle de Paris, de la Gaudaine, sur la route de Thoron et d'Illiers, de la Tuilerie et de Souancé, sur les routes de Brou et d'Authon. Elles se relient ensuite par leur droite au corps de Gathelineau, qui de Vibraye et de Montmirail rayonne sur Authon et la Bazoche, éclairant la vallée de l'Yèvre et celle du Loir dans les directions de Gloyes, Chàteaudun et BonnevaP ; par leur gauche, aux francs-tireurs Lipouski qui surveillent la rive droite de l'Huisne. Enfin les volontaires du commandant Liénard se portent de Ballon sur Authon, pour observer le Perche dans cette direction; tandis que les éclaireurs à cheval du capitaine Bernard, poussés jusqu'à Saint-Galais , relient les opérations des troupes aux ordres du général Rousseau à celles des colonnes sous le commandement du général de Jouffroy ,
5 ET 6 JANVIER. COMBATS DE LA FOlTîlCflE.
Le 5 janvier, l'ennemi se montre sur toutes les routes en avant de Nogent, et une de ses reconnaissances, forte d'un régiment d'infanterie et d'une batterie venue de Ghâteauneuf par la Loupe, tente une attaque sur nos positions de la Fourche. Elle se retire après un combat de deux heures avec des pertes sensibles; nous n'avions eu de notre côté qu'un homme tué et un blessé. D'après les habitudes bien connues de l'ennemi, cette tentative en faisait présager une plus sérieuse pour le lendemain ; d'un autre côté, le général en chef savait par ses émissaires que des forces importantes étaient sorties de Ghartres ; il fallait
"' Voir noie 17.
donc renforcer le général Rousseau, et le 6, dès le matin, le commandant du 2V corps lui envoyait 1,000 hommes de la Gorrèze, qui arrivèrent à Nogent vers onze heures.
L'attaque avait commencé, dès neuf heures du matin, par une avant-garde prussienne qui s'était portée sur la Fourche, d'où elle avait été repoussée, laissant entre nos mains une vingtaine de prisonniers. L'ennemi attendit alors l'arrivée de ses colonnes venant de Ghâteauneuf, de Chartres et de Bonneval, et se reporta sur la Fourche avec 14,000 hommes et 3 batteries. Jusqu'à deux heures, l'action se borne de part et d'autre à une vive canonnade ; mais à ce moment, pendant que nous repoussons une attaque sur Gondreceau, des masses d'infanterie prussienne descendent des hauteurs, délogent la gauche du général Rousseau de la position de la Fourche, et enlèvent trois de nos pièces dont une démontée, après avoir blessé grièvement le capitaine et le lieutenant de la batterie et tué une grande partie des servants. G 'est en vain que le général Rousseau envoie, pour reprendre ses pièces, le 1 3* bataillon de chasseurs à pied du commandant Lombard, et successivement trois compagnies du bataillon des Deux-Sèvres, deux du 58" et les francs-tireurs qu'il a sous la main. Tous ces efforts sont inutiles : les troupes plient sous l'action puissante de l'ennemi et doivent abandonner les canons. Là s'arrêtent toutefois les succès des Allemands, qui tentent en vain de déboucher de la Fourche et qui ne peuvent culbuter, des bois où elles se sont ralliées, nos forces qu'api pùie le feu de deux mitrailleuses. La nuit venue, le général Rousseau se retire sur les positions en avant de Nogent, à hauteur de Margon.