‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 208 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

rintersection de la route de Gonnerré au Breil, et de celle de Tlîorigné à Soulitré, tentent une attaque contre Thorigné. Un ordre, qui ne parvient pas en temps utile aux troupes de renfort, fait échouer cette opération, malgré le courage et le dévouement des marins, qui parviennent néanmoins à se dégager en ramenant leurs blessés. A neuf heures du soir, l'ennemi se présente à son tour par la route de la Ferté, et ne peut en déloger le 5^ bataillon de fusiliers marins qui la garde.

Tandis que ces faits se passaient en avant de Gonnerré, le 62^ de ligne, de la division de Bretagne, avait été attaqué à la Belle-Inutile par des forces considérables, et obligé de reculer sur Saint-Mars, laissant entre les mains de l'ennemi une partie du convoi de la P° division, qui avait été dirigé sur Montfort.

La fatigue des troupes était extrême, le temps n'avait pas cessé d'être très-mauvais depuis quelques jours, les hommes étaient mouillés sans pouvoir se sécher; ce n'était qu'à grand'peine qu'ils trouvaient le moment de toucher leurs vivres, de préparer leurs aliments et de manger. D'un autre côté, l'ennemi se concentrait de plus en plus, et la résistance dans ces conditions devenait impossible. Le général Rousseau demanda alors à se retirer sur Montfort et Pont-de-Gennes. Sa division avait eu 24 tués , 98 blessés, 756 hommes disparus, parmi lesquels 5 officiers blessés et 1 fait prisonnier. Le colonel Feujeas, malgré deux blessures, était resté à son poste de combat, et ne s'était retiré qu'après avoir eu son cheval tué sous lui.

On a vu que du côté d'Ardenay la lutte avait été désavantageuse pour nous, et que la retraite s'était effectuée avec trop de précipitation. Le général en chef était depuis le matin sans nouvelles exactes des généraux Barry, de Gurten et de Jouffroy, malgré le grand nombre d'officiers envoyés dans toutes les directions, et que l'état des routes

retardait. La seule communication rapide possible était par la ligne télégraphique qui fonctionnait encore , bien que difficilement, avec Ghâteau-du-Loir. La dépêche ci-dessous fut expédiée, à quatre heures trente -deux minutes, à l'amiral Jauréguiberry qui devait se trouver encore sur ce point :

« Un officier de cuirassiers, arrivant de Grand-Lucé, dit » avoir entendu le canon du côté de Gourdemanche. D'un » autre côté, le général Digard m'écrit de Grand-Lucé » que Montreuil-le-Henry serait encore occupé par la bri- » gade Thierry, et que le général de Jouffroy se serait » dirigé, avec son infanterie et son artillerie, sur Jupilles, » pour rallier le général Barry.

» L'ennemi occupe Évaillé et Tresson , menaçant Pari- » gné-l'Evéque.

» Il résulte de cette situation, qu'à part quelques esca- 'j drons de cavalerie et quelques francs-tireurs à Parigné •' et au Grand-Lucé, cette route sur le Mans n'est pas assez » sérieusement défendue. L'ennemi en profitera dès qu'il » en aura la conviction . Faites donc rechercher de suite le » général de Jouffroy en envoyant dans toutes les direc- » tions; donnez-lui l'ordre de faire occuper solidement » Parigné-Lévéque , et de se mettre en communication » avec le général de Colomb qui couche ce soir à Ardenay. » Faites aussi de nouveau rechercher le général Barry. Une » peut être bien loin, puisqu'il s'est replié de Ghahaignes. Il » doit être à Jupilles ou dans la forêt de Bersay; donnez-lui » l'ordre de se replier sur Écommoy. Quant à vous, il ne » faut pas songer à marcher sur la Flèche ; l'important, si M vous ne pouvez tenir à Ghâteau-du-Loir jusqu'à votre » jonction avec Gurten, est de vous rabattre sur Écommoy, » pour de là rentrer dans nos lignes du Mans. Le mieux, » pour éviter une marche de flanc, est de marcher à votre » tour sur le flanc de l'ennemi, si de la Gharlre il se dirige

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