LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS
» soit sur Grand-Lucé, soit sur Jupilles. Quant au général » de Gurten, en le prévenant de suite, vous pourrez savoir » à peu près à quelle heure il vous rejoindra à Château-du- M Loir demain. Une fois rallié avec le général Barry à )) Écommoyet le général de Jouffroyà Grand-Lucé, vous » pourrez inquiéter sérieusement l'ennemi, et, dans tous » les cas, opérer votre retraite dans de bonnes conditions » le long du chemin de fer. »
Cette dépêche venait à peine d'être expédiée, quand la nouvelle arriva que le général Digard avait quitté Grand- Lucé avec sa brigade et s'était reporté sur le quartier général de la division de cavalerie, à la Rochère. En conséquence de tous ces événements, le général en chef donna, le 9 au soir, les instructions générales ci-après, qui résument la situation et prescrivent les mesures à prendre.
« Au grand quartier général du Mans, le 9 janvier (n» 208).
«Depuis quelques jours, l'ennemi a tâté toutes nos » positions sur l'Huisne, en avant de Montmirail et de » Saint-Galais, sur le Loir et à l'est du chemin de fer de » Tours au Mans.
M Aujourd'hui , qu'il a réuni des forces assez considé- , » râbles, il marche sur le Mans, en descendant l'Huisne, » par la route de Saint-Galais, par celle de Montoire au w Grand-Lucé, tandis que des partis moins importants se » portent sur Bellesme, menaçant le chemin de fer d'Alen- " çon, de Vibraye sur Gondrieux , de Bessé sur Tresson » et Parigné, et sur les diverses positions qu'occupait la » division Gurten sur la rive gauche du Loir.
» Si l'ennemi avance aussi effrontément, c'est, il est M pénible de l'avouer, parce que nous ne lui opposons » nulle part une résistance sérieuse, alors que nous dispo- » sons partout de forces au moins égales aux siennes.
» La retraite ne mène à rien ; elle n'est que le principe » d'un désordre que nous devons éviter à tout prix.
» Il faut donc que dès demain , dans toutes les direc- » tions et sur tous les points à la fois, on reprenne l'offen- » sive.
» La cavalerie a abandonné ce soir, sans même avoir » reconnu les forces qu'elle croyait devant elle, sans par » conséquent avoir essayé la moindre résistance, les points n importants de Parigné-l'Evêque et du Grand-Lucé.
5> Le général commandant la cavalerie fera une enquête » sur ces faits, et les officiers qui commandaient sur ces M points auront à rendre compte.
» Le général en chef a donné l'ordre au général Deplan- » que de faire reprendre cette nuit la position de Parigné, » et de porter demain au jour, sur ce point, toute une bri- » gade de la 1'^ division du 16^ corps.
w La cavalerie se reportera sur Grand-Lucé, en se met- » tant en relation avec le général Jouffroy, qui a reçu » l'ordre de faire occuper fortement ce point par de » l'infanterie.
5> Sur la rive droite du Loir, l'amiral Jauréguiberry, n avec les troupes dont il dispose, tout en protégeant la » retraite du général de Gurten, dirigera une attaque sur » le flanc gauche de l'ennemi, marchant de la Ghartresur « le Mans.
» Sur la route de Saint-Galais, le général de Colomb » fera attaquer l'ennemi à la pointe du jour, de façon à le » rejeter au delà d'Ardenay.
» Sur l'Huisne, le général Jaurès, se portant de sa per- » sonne à Pont-de-Gennes, attaquera l'ennemi à Thorigné » et à Gonnerré.
» Nul ne doit songer à la retraite sur le Mans sans avoir V tenu jusqu'à la dernière extrémité.
» Ce n'est qu'alors que l'on pourrait songer à venir se •