‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 210 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

» replacer sur les positions de défense assignées primitive- » ment à chaque corps, et cela pour les défendre a M outrance.

M Le général en chef a été informé que de nombreux w fuyards, la plupart des divisions Barry et Jouffroy, >> étaient déjà rencontrés sur les routes aboutissant au " Mans; il rend les généraux et chefs de corps respon- » sables de ces débâcles que rien ne justifie, et que de » l'énergie et quelques exemples immédiats peuvent ar- » rêter.

» Le général Bourdillon portera demain, dès le matin, » les deux régiments de gendarmerie sur toutes les routes » qui aboutissent au Mans dans les directions de Sargé, » d'Yvré-l'Évéque, de Parigné, deMulsanne et d'Arnage.

» Il fera arrêter, à quatre kilomètres de la ville, tous les » hommes isolés ou détachements qui se présenteront , les » réunira sous le commandement d'un officier, fera éta- » blir des listes, assignera à chaque groupe un emplace- » ment, et rendra compte au général en chef.

M La ville est consignée à partir de demain, et jusqu'à » nouvel ordre, aux officiers et à la troupe.

» Toute infraction sera punie avec la dernière rigueur.

M L'exécution de cet ordre est sous la responsabilité du » général commandant la division de réserve et la gen- » darmerie.

» Le général en chef a fait constater, par des officiers » envoyés aujourd'hui dans toutes les directions, que nulle « part le service d'avant- postes n'était fait convenable- » ment.

M Les officiers supérieurs, de jour, devront être person- » nellement responsables de ce service qu'ils ont à sur- » veiller.

» La cavalerie et les éclaireurs doivent pousser des » reconnaissances incessantes sur tous les chemins, dars

» toutes les directions, et au moins à quinze kilomètres » au delà des lignes.

» Il n'y a point à alléguer le mauvais temps : il est le M même pour tous, et les Prussiens ne s'en préoccupent » pas.

» Le général Bourbaki a remporté une grande victoire » à Villersexel, entre Vesoul et Montbéliard. »

En même temps qu'il donnait ces instructions, le. général en chef prescrivait partout par le télégraphe qu'on eût à reprendre une vigoureuse offensive. Il fallait imposer à l'ennemi et éviter, surtout, ces retraites précipitées qui , avec des troupes nouvelles, tournent si facilement en panique et en débandade.

Au général de Colomb, qui, ne prévoyant pas pouvoir tenir sur la route de Saint-Galais, où il s'était porté avec des renforts, demandait à ramener la division Paris sur le plateau d'Auvours, il disait :

« Il faut, avant de songer à battre en retraite sur le » plateau d'Auvours, que le général Paris attaque à son » tour l'ennemi demain au jour, et tâche de le culbuter » au delà d'Ardenay. La position d'Auvours n'est qu'un » dernier refuge. Elle est déjà gardée par quelques troupes M du général Goujard. »

Un peu plus tard :

« Je'réitère les ordres que j'ai déjà donnés. Je n'admets » la retraite sur Auvours que si vous êtes battu ; faites re- » porter demain au jour la division Paris en avant. Il faut » qu'elle attaque vigoureusement l'ennemi avant qu'il re- » prenne sa marche sur le Mans, et qu'elle réoccupe les .) hauteurs d'Ardenay. »

Au général Jaurès, commandant le 21* corps, onze heures et demie du soir * ;

< Voir la note 19.

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