LIVRE PREMIER. — ORLEANS
fil® démarche, le capitaine d'ëtat-major de Gravillon, atteint à côté du général Barry dont il était l'aide de camp, et le commandant Jaquain du 1" hussards de marche; 918 blessés dont 37 officiers, et 220 hommes disparus. Le général Ressayre , commandant la division de cavalerie du 16® corps, était au nombre des blessés ^
Les pertes de l'ennemi étaient considérables, de l'aveu même des officiers bavarois qui se trouvaient parmi les 2,000 prisonniers environ qui tombèrent entre nos mains par suite de la reprise d'Orléans.
Le combat n'ayant cessé que lorsque la nuit était venue depuis longtemps déjà, nos troupes durent coucher sur le champ de bataille. Le temps devint alors très-mauvais ; la pluie et la neige qui ne cessèrent de tomber augmentèrent les difficultés que présentait la recherche des blessés, la distribution des vivres, et le réapprovisionnement des munitions. L'obscurité était telle que les corps ne parvinrent qu'à grand'peine à se reformer; les hommes , couchés dans une boue épaisse , sans feu , le pays n'offrant aucune ressource en bois, ne purent prendre aucun repos. Il fallut attendre le jour pour se reconnaître, juger de la position et aviser.
RETRAITE DE l'eNNEMI.
L'amiral Jauréguiberry, qui s'était maintenu à Champs, tut le premier à se rendre compte que la défaite de l'ennemi était complète, et qu'il n'avait prolongé sa résistance jusqu'à la nuit que pour couvrir sa retraite. Dès le jour il fît reconnaître Saint-Sigismond, qu'il trouva évacué. Un habitant de Saint-Péravy vint alors le prévenir qu'une colonne ennemie avait défilé toute la nuit sur la route de Patay, dans le plus grand désordre. L'amiral n'avait
* Voir à la fin de ce volume les notes relatives aux régiments de a garde mobile, et à la part que chacun d'eux a prise aux divers combats de ja campagne.
SOUS la main , comme cavalerie , que son escorte , composée d'une trentaine de dragons et de quinze hussards. Le commandant de Lambilly, son chef d'état major, n'hésita pas, avec cette faible troupe, à se mettre sur les traces de cette colonne , pendant qu'un bataillon le sujvait à distance pour l'appuyer. Cet officier supérieur après avoir dépassé Saint-Péravy , aperçut la queue du convoi ennemi qui s'engageait dans Lignerolles; il se précipita au galop dans cette direction, atteignit la tète de la colonne, et après une résistance de peu de durée parvint à ramener deux pièces d'artillerie bavaroise avec leurs attelages et leurs servants , vingt-cinq caissons de munitions , trente voitures de bagages parmi lesquelles celle de plusieurs généraux, et 130 prisonniers dont 5 officiers.
Dans la nuit du 9 au 10 novembre, les troupes du 16* corps avaient campé dans l'ordre suivant :
L'amiral Jauréguiberry à Champs avec une partie de la 1" brigade et une batterie d'artillerie;
Le général Deplanque avec le reste de sa brigade entre la ferme de Villaumoy et Gheminiers ;
Le général Barry avec la 1" brigade de sa 2® division à Ormeteau , appuyé parla brigade Dariès (l'^de la 2^ division du 15" corps), mise à la fin de la journée sous les ordres du commandant du 16* corps, et occupant Goulmiers et ses abords pour se relier par sa droite au 1 5®corps , qui bivouaquait sur le reste des positions conquises :
La 2* brigade de la division Barry, l'ambulance et le quartier général du 1 6® corps à Épieds , le convoi , la ré serve d'artillerie et les parcs en arrière de Saintry sur la route de Gharsonville.
Les villages d'Épieds, Ghamps, Ormeteau et Goulmiers furent mis en état de défense dans la soirée même.
Le général Reyau , qui s'était replié sur ses emplacements de la veille , reçut de nouveau l'ordre d'envoyer à