‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 223 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

M il a été repoussé. Ainsi donc, à part la Tuilerie perdue, » mais qui sera reprise avant le jour, nous restons sur nos » positions.

» Le général en chef félicite les troupes de leur énerg^ie, » et leurs chefs de la vigueur qu'ils ont déployée. Usant » des pouvoirs (jue le Ministre lui a conférés, il nomme le » général Goujard commandeur de la Légion d'honneur, » le colonel Ribell au grade supérieur dans l'ordre; le lieun tenant du génie Guinot chevalier, et attend avec impa- » tience les propositions qui lui seront soumises pour » récompenser comme ils le méritent ceux qui se sont dis- » tingués aujourd'hui.

» Il faut s'attendre pour demain à un nouvel effort de M l'ennemi. Nous saurons y résister. Il importe de n'aban- » donner aucune des positions sur lesquelles est basée la » défense si importante du plateau d'Auvours. Le général M en chef prescrit au général Jaurès d'opérer sa retraite » jusqu'à hauteur de Patines , en aidant à la reprise de n Champagne, et en assurant la défense des lignes en avant n de Sargé et des positions qui dominent l'Huisne au- '» dessus d'Yvré-l'Évéque. Il renforcera autant que possi- » ble la division Goujard, dès les premières heures du jour, » afin de donner au général de Colomb toute facilité pour » se maintenir sur le plateau d'Auvours et débusquer M l'ennemi des parties qu'il aurait pu occuper ce soir. » Champagne une fois réoccupé, on prendra immédiate- » ment toutes les dispositions pour faire sauter le pont si » on devait l'évacuer de nouveau.

)) Le général en chef ayant reconnu, par lui-même, » l'importance des hauteurs d'Yvré-l'Évéque pour aider » à la défense d'Auvours aussi bien qu'à celle des positions w tenues par la division Jouffroy en arrière de Changé, a )> donné l'ordre d'armer avec des pièces des calibres de 7

» et de 12 ies épaulements construits sur ces hauteurs.

» Le général Goiijard devra faire garder la rive droite » de l'Huisne, entre le pont du chemin de fer et la passew relie en face du château des Noyers. Le général Javain « a , du reste , reçu l'ordre de détruire cette passerelle , » comme il l'a fait ce soir pour un autre pont de bois situé î> plus en amont.

» L'amiral fera occuper plus fortement l'extrémité » gauche de sa ligne , de façon à empêcher l'ennemi de » tourner la division Jouffroy par les pentes vers l'Huisne, » entre le château des Noyers et celui des Arches.

» Le général Jouffroy fera également, de son côté, ob- » server le pont du Moulin des Noyers, jusqu'à ce que le M génie ou l'artillerie ait pu le détruire.

» L'amiral fera occuper fortement la Tuilerie et ren- > forcera toute sa droite, jusqu'à Arnage, par une partie, » de ses troupes de réserve.

» La cavalerie ne pouvant être d'une grande utilité dans » le terrain couvert que nous avons à défendre, les comj) mandants des 16®, 17** et 2P corps, ne gardant que les i> escadrons strictement nécessaires pour éclairer et pour j) assurer le service des correspondances , renverront le }> reste de leur cavalerie sur la rive droite de la Sarthe.

» La division Michel devra surveiller toute la vallée de )j la Sarthe, du Mans au delà de la Suze, suivre les mou- » vements de l'ennemi , et l'empêcher de tenter quelque » passage.

•> La cavalerie du 17® corps surveillera le cours supé- » rieur jusqu'à Beaumont-sur-Sarthe.

» La cavalerie du 2P corps, en réserve, en arrière du '> Mans, sur la route de Laval.

» Les volontaires algériens et les éclaireurs du capitaine Bernard se cantonneront au faubourg de Pontlieue, à la disposition du général en chef.

» La gendarmerie redoublera de surveillance et de vi-

L I V H E Q U AT K i É M E. — LE M ANS. 323

» gueur pour mettre de l'ordre dans les convois, pour em- » pécher l'encombrement des routes, qu'il faut tenir libres V à tout prix, et fermer l'entrée de la ville aux fuyards.

» On devra, dès cette nuit ou dès demain aux premières ) heures du jour, compléter les vivres et les munitions.

» Le commandement ayant à se préoccuper des mesures » militaires de la journée, c'est à l'intendance de pourvoir, ') en les faisant porter derrière les positions de chaque » corps, aux vivres dont ils ont besoin. L'eau-de-vie doit " être distribuée chaque jour jusqu'à nouvel ordre. C'est » là un des services les plus importants qu'il faut assurer » d'une façon exacte et rapide, en évitant aux hommes î) qui ont à se battre les corvées qu'ils ne peuvent exécuter » sans quitter des positions dont ils ne doivent s'éloigner » sous aucun prétexte. »

Page 1