‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 225 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

» portante de la Tuilerie. Le vice-amiral Jaurëguiberry, » chargé de la défense en avant de Pontlieue, a déjà pris » ses dispositions pour faire reprendre la Tuilerie avant le » jour.

» C'est bien le prince Frédéric-Charles que nous avons » devant nous, et qui n'est nullement parti pour l'Est. Nous » avons fait des prisonniers , dont j'ignore encore le w nombre; tous l'affirment, citent les divisions de son » armée et de celle du grand-duc de Mecklembourg, et M évaluent l'ensemble des forces engagées ou en réserve à » 180,000 hommes. Le combat n'a cessé qu'après la nuit M venue. Je sais déjà que trois de nos colonels sont griève- » ment blessés; je crois à des pertes sensibles, maisj'es- » père en avoir infligé de cruelles à l'ennemi. Je m'attends M demain à une nouvelle bataille.

» Il est de la dernière importance que les deux divisions » du 19® corps, que vous voulez bien m'annoncer, soient » rendues dans le plus bref délai possible à Alençon. Elles » peuvent me donner le moyen d'un succès en opérant !) sur les flancs de l'ennemi. Prière de me faire savoir le 1 jour où elles seront à Alençon. Je donnerais tout pour les » y savoir aujourd'hui, »

Les commandants des 17® et 21* corps furent aussitôt prévenus de ce qui venait de se passer et reçurent l'ordre de se porter, dès le jour, sur toutes leurs positions de combat, en renforçant l'artillerie sur les hauteurs d'Yvré-l'Évêque, qui étaient évidemment un des points principaux de nos lignes. Pour aider à la résistance sur le plateau d'Auvours, le général Jaurès devait se replier par sa droite sur les mamelons en avant de Sargé, et renforcer la division Goujard de toutes les troupes dont il pourrait disposer; le général de Colomb devait reporter en avant la division Paris, et essayer de reprendre Champagne.

A minuit et demi, l'amiral télégraphiait au grand quartier général :

« Je reçois des nouvelles désolantes : on n'a pu réussir M à reprendre la Tuilerie. Les hommes, au premier coup » de fusil, se sont débandés. Il paraît qu'après le combat le M général de Jouffroy n'a pas conservé ses troupes sur ses » positions, car le général de Roquebrune m'informe que » le Tertre est occupé maintenant par les Prussiens, et que » son flanc gauche est menacé. J'envoie demander des ex- » plications au général de Jouffroy. »

En effet, le général Le Bouedec avait essayé en vain de réunir les troupes bivouaquées en avant de Pontlieue : malgré sa vigueur, son entrain et son exemple, les compagnies, reformées une à une, s'arrêtaient bientôt; les hommes harassés de fatigue, effarés par cette agression, au milieu des ténèbres, dont ils ne pouvaient se rendre compte exactement, faisaient quelques pas, s'arrêtaient et se couchaient sur la neige. Le colonel Marty, qui, comme on l'a vu plus haut, était arrivé vers trois heures après une marche des plus pénibles, et qui avait reçu l'ordre de soutenir le général Le Bouëdec, ne réussissait pas mieux dans ses efforts. De son côté, le général Deplanque était attaqué vers quatre heures du matin : ses troupes pliaient ; les fuyards augmentaient dans le faubourg de Pontlieue, où l'encombrement pouvait devenir un danger sérieux. L'amiral dut commencer à faire passer de l'autre côté de la Sarthe les convois et les réserves d'artillerie.

Il fallait cependant chasser l'ennemi de la Tuilerie. Le général en chef télégraphia à l'amiral à quatre heures vingt-cinq :

« La situation est grave, nous ne pouvons nous en tirer » que par une offensive vigoureuse dès ce matin, et le plus » tôt possible. Je compte pour cela entièrement sur votre » vigueur.

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