‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 252 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

ment leur devoir. Il est fâcheux que cet exemple n'ait pas été suivi par le 17" corps, qui s'était retiré. trop précipitamment et en désordre, ne s'arrétant même pas à Sainte- Suzanne, la position la plus importante du pays sur laquelle il lui était prescrit de tenir.

Le général en chef, qui n'avait quitté Sillé-le-Guillaume qu'à quatre heures et demie , arriva à Evron à huit heures du soir. La dépêche suivante, qu'il adressa pendant la nuit au ministre , résume la situation :

« Les attaques de l'ennemi sur tous les points de la » ligne ont été très-pressantes . A l'aile gauche , le » 2V corps a bien résisté, s'est maintenu sur ses positions » jusqu'à la nuit et a fait des prisonniers, dont un chef » de bataillon. Il n'en a pas été de même au centre : le » 17® corps a cédé partout; ses troupes se sont débandées, » il n'a occupé aucune des positions prescrites pour » couvrir la retraite, et je l'ai retrouvé ici, où je suis » arrivé cette nuit, après avoir assuré les mouvements du » 2V corps. Le 16^ corps s'est battu à Saint-Denis- » d'Orques^; je suis encore sans renseignements exacts, M mais je sais qu'il s'est repHé. Les convois et le ma- » tériel roulant, partout retardés par la neige et le verglas, » n'ont pu marcher que lentement et obstruent les routes. » Je suis obligé de les faire marcher toute cette nuit sur » les directions qui les éloignent le plus de l'ennemi. Je ne » suis pas sans préoccupation , car je n'ai autour de moi » ici que le 17* corps débandé, et l'ennemi occupe Sainte- » Suzanne. Dans cette situation, je ne puis plus songer » qu'à la retraite au delà de la Mayenne , que je passerai » sur tous les ponts en arrière de moi. Les prisonniers et » les gens venant du Mans affirment que l'ennemi qui V poursuit est nombreux ; je suis sûr de deux corps d'armée.

^ Le combat avait eu lieu à Saint-Jean-sur-Erve. — L'erreur provenait d'un premier renseignement inexact.

» J'ai eu ce soir à lutter contre des demandes instantes w de généraux qui voulaient continuer la retraite cette

M nuit.

» Il me tarde , Monsieur le ministre , de vous voir à » Laval, ainsi que vous me Tavez annoncé; je compte y » être demain soir. Gomme il me faut un point d'appui » solide , je vous demande de diriger le 19° corps de Fiers » sur Domfront d'où je l'appellerai facilement à moi ^ »

COMBAT d'alENÇON.

Pendant que l'armée principale battait ainsi en retraite, le corps de Gatlielineau, qui éclairait son aile gauche, se retirait par Vilaine sans être poursuivi ; mais des faits plus graves se passaient à Alençon. Nous avons dit que sur la demande du préfet de l'Orne , qui signalait l'ennemi du côté de Mortagne , le général Lipouski avait été dirigé dès le 9 sur Alençon. Il y arriva le 14 avec sa colonne forte de 2,000 francs-tireurs, 8 pièces de montagne, et d'un escadron du S** chasseurs. Il dirigea le même jour un détachement sur Beaumont pour couper le pont, dont la rupture n'avait pu avoir lieu par suite de la retraite des mobilisés de la Mayenne ; mais l'ennemi occupait déjà ce point , et l'opération ne put réussir.

Les cavaliers envoyés en reconnaissance signalaient alors une forte colonne ennemie (infanterie , cavalerie et artillerie) s'avançant par la route du Mans. Le général Lipouski , en outre de ses francs-tireurs , avait sous la main 4,000 mobilisés de la Mayenne et de l'Orne sur lesquels il comptait pour défendre Alençon. Deux de ces bataillons envoyés au devant de l'ennemi durent se replier et entraînèrent les autres. Deux compagnies de francs-

1 Voir la note no 39.

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