‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 27 sur 345 · LIVRE PREMIER. — ORLÉANS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — ORLÉANS

bat constamment le pays, et s'avance à son tour jusqu'au milieu de? cantonnements ennemis ' .

COUP DE MAÏN SUR VIABON.

C'est ainsi que le 14- novembre une de nos reconnaissances pénétrait jusque dans Viabon et en délogeait un régiment de uhlans prussiens qui s'y trouvait avec le prince Albrecht. Ce dernier avait dû monter à cheval si précipitamment qu'il avait laissé sur sa table , dans son logement, l'ordre de mouvement que le grand-duc de Mecklembourg lui avait envoyé le 12, et qui indiquait les dispositions qu'il comptait prendre contre l'armée de la Loire. Nous reviendrons plus tard sur ce document important^, qu'on trouvera reproduit dans les notes à la fin de cet ouvrage. Il ne se passe dès lors pas de jour sans un succès à nos avant-postes. Nos cavaliers, encouragés et renforcés par un escadron d'éclaireurs formé d'hommes choisis et commandé par le capitaine Bernard , un des officiers d'ordonnance du général Ghanzy, n'hésitent dans aucune circonstance à aborder les cavaliers prussiens, auxquels ils font bon nombre de prisonniers. Le colonel Lipouski, à la tête de ses francs-tireurs, s'avance lui-même jusqu'à Bazoche-les-Hautes , à Orgères, au château de Cambrai, à Sancheville, et jusqu'à Voves, repoussant partout les partis ennemis, tandis que ses hommes, déguisés, pénètrent au milieu de leurs cantonnements.

DISPOSITIONS PRISES PAR l'eNNEMI.

Les Allemands de leur côté commençaient à se remettre de l'inquiétude que leur avait causée leur échec du 9 no-

* Voir à l'appendice, note 2, diverses dépêches rendant compte de quelques coups de main exécutés par les avant-postes du J6® corps. 2 Voir la copie de cette pièce à l'appendice, note 3.

vembre. Voyant que nous restions immobiles en avant d'Orléans, ils prirent toutes leurs dispositions pour nous observer attentivement, arriver à connaître nos projets, et , selon leur tacti(jue habituelle , pour réunir le plus de monde possible de leurs forces disponibles, afin d'attaquer à leur heure et d'écraser cette armée de la Loire qui surgissait devant eux alors qu'ils croyaient la France aux abois depuis que sa dernière armée régulière lui avait été enlevée par la capitulation de Metz. Le prince Charles avait quitté cette dernière ville, et, après avoir envoyé des renforts au général Werder, qui opérait dans l'Est, il arrivait avec le reste de ses troupes, se dirigeant ostensiblement sur Orléans; le général de Thann réunissait ses Bavarois à Etampes , et recevait de l'armée d'investissement de Paris des hommes pour combler les vides faits à Goulmiers; enfin le grand-duc de Mecklembourg , qui allait prendre le commandement de l'aile droite de l'armée allemande, massait ses forces à Chartres, tout en menaçant le haut de la vallée du Loir, et en manœuvrant en avant de la ligne de Chartres à Etampes pour attirer notre attention de ce côté, et nous donner le change sur des projets dont l'exécution ne dépendait plus que de la concentration des forces qu'on allait nous opposer.

Ces mouvements préparatoires du grand-duc ont lieu du reste comme l'indiquait l'ordre trouvé sur la table du prince Albrecht dans son logement de Viabon , et on peut suivre jour par jour les marches du 1" corps bavarois , des 17® et 22" divisions d'infanterie prussienne, des brigades de cavalerie Grœben etBausch, couverts par les deux divisions de cavalerie Stolberg (2") et prince Albrecht (4®) ; la première établie aux environs de Toury pour observer Pithiviers, Orléans et nos positions en avant de la route de Châteaudun, la seconde battant le pays en avant de Chartres sur la rive gauche du Loir jusqu'à la Conie.

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