LIVRE CINQUIÈME. — LAVAL
» lence de vouloir bien faire parvenir, par Jes voies les plus » rapides , à leurs destinations les deux télégrammes ci- «joints, qui sont adressés l'un au directeur général des » postes et du télégraphe des armées allemandes, l'autre » au comte de Hatzfeld, au quartier général à Versailles \ » Je prie Votre Excellence d'agréer l'assurance de ma » haute considération.
M Signé : Ghainzy. m
Le général Avensleben fit du reste connaître par la réponse suivante qu'il adoptait cette manière de voir, et s'y conforma dès lors très-exactement.
« Excellence ,
» Je m'honore de vous faire part que j'ai reçu votre » lettre de ce jour. Gomme Votre Excellence n'a pas pré- » féré un règlement ultérieur de la ligne de neutralité, » j'ai également déterminé d'après la lettre de la conven- » tion, à dix kilomètres de la ligne de démarcation, les » rayons des cantonnements des troupes sous mes ordres.
» Que Votre Excellence agrée l'assurance de ma consi- » dération particulière.
5) Le commandant général du troisième corps d'armée,
» Signé : Avensleben. »
La question devait être plus difficile à régler pour le général Dargent, qui avait devant lui le 13^ corps sous les ordres directs du grand-duc de Mecklembourg. Ge dernier, se considérant comme commandant une armée complètement indépendante du prince Gharles, n'était nullement décidé à admettre les points de délimitation que le général en chef, se basant sur l'esprit du traité, et dans la nécessité pour lui de conserver le chemin de fer
1 Ces deux télégrammes étaient expédiés par la délégation de Bordeaux,
de Caen , avait communiqués au prince Charles, et que celui-ci n'avait point contestés.
Le grand-duc, à la suite de la première communication du général Dargent, tout en proposant une conférence dans laquelle des officiers des deux armées régleraient les difficultés qui se présentaient, avait répondu avec beaucoup de roideur, menaçant même de reprendre immédiatement les hostilités si on n'acceptait pas ses conditions.
Le général en chef, bien décidé, quoi qu'il pût arriver, à maintenir haut et ferme le drapeau de l'armée qui lui avait été confiée, adressa par le télégraphe la dépêche suivante au général Dargent :
« Laval, 3 février.
N" 1767. «Les difficultés soulevées par le grand-duc » de Mecklembourg pour la délimitation telle que je vous >) avais chargé de l-a stipuler, ont leur base sur la lettre de » l'article 1" de la convention. Bien que cette façon d'ap- » précier les choses soit inadmissible au point de vue miliw taire, nous devons l'accepter, pour ne pas avoir à discuter » avec un ennemi dont nous ne sollicitons aucune conces- M sion.
» La ligne de démarcation, en la prenant droite de » Pont-l'Évéque à Lignières, laisse Ronfleur à deux kilo- » mètres à l'ouest et passe exactement par Ecouché. Il M s'ensuit que Lisieux, Livarot, Trun, Argentan et Gar- M rouges sont dans la zone mixte du côté de l'ennemi. Nos » avant-postes ne peuvent dépasser Trouville-sur-Mer, Mé- » zidon, qui est de droit à nous, Ranes à l'est de Falaise, » Pont-Écrepin sur l'Orne , les Yveteaux entre Ecouché et M Briouze, et Beaurain en avant de la Ferté-Macé.
» Subissons cette situation puisqu'elle nous est faite par » une convention signée par le Gouvernement , mais