‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 293 sur 345 · DES HOSTILITÉS · texte numérisé non relu

DES HOSTILITÉS

« Monsieur le ministre,

» Ma seule préoccupation est, si les hostilités doivent » être reprises à l'expiration de l'armistice, de me placer » dans les meilleures conditions pour continuer la lutte. » J'ai exposé ma manière de voir dans le rapport ci-joint. » Si la confiance du Gouvernement m'appelle à exécuter >; un plan de résistance , je désire vivement que celui sur » lequel j'appelle toute votre attention soit étudié, en ne « perdant de vue ni les conditions dans lesquelles se trouve » exactement l'armée, ni la véritable valeur qu'ont actuel- » lement les éléments qui peuvent nous donner de nou- » velles ressources, et qui restent à organiser compléte- » ment et surtout sérieusement. La situation est grave; je » l'envisage néanmoins avec confiance. Mais il est de mon » devoir de l'exposer telle que je la vois et sans illusion.

» Je ne parlerai pas des forces du Midi; je n'ai sur elles

» aucune donnée. Celles de l'Ouest, sur lesquelles je

» croyais pouvoir compter, sont, il faut le reconnaître, à

» organiser presque en entier. Il leur manque encore une

M grande partie de leur armement, de leur équipement, de

leur habillement, et tout le personnel des services qui,

; une fois en ope'ration, doivent leur assurer leur solde,

leurs subsistances, pourvoir enfin à tous leurs besoins.

» D'après les renseignements que j'ai pu recueillir, les

lignes de Garentan, qui doivent être appelées à jouer

un rôle important, sont loin d'être dans l'état de défense

" que je croyais assuré ; les travaux les plus importants

V restent à faire, l'armement n'est pas complet, et, pour tout achever, il faut du temps que la marche des événe-

» ments peut nous refuser, si ces travaux ne sont pas, dès j aujourd'hui, poussés avec la plus grande activité.

» Tout me porte à croire que l'ennemi prépare, dès à " présent, ses opérations sur le bas de la Loire, de façon ) à nous cerner en Bretagne , si nous ne profitons pas du : répit que nous donne l'armistice pour préparer à notre

V tour le système de défense qu'il nous faut adopter.

» Le bruit courait hier, au Mans, que le prince Charles » allait porter son quartier général à Tours avec le » 10^ corps, ce qui indique une concentration dansl'Indrew et-Loire dont l'occupation donne à l'ennemi les deux » rives de la Loire et le met à même de faire un effort ') rapide sur Nantes.

» Il me tarde que l'Assemblée nationale consacre l'idée » de résistance, qui, en rappelant à l'armée ses devoirs » envers le pays, fasse oublier, surtout chez les régiments " de nouvelle formation, le découragement passager qu'ont » évidemment produit les fâcheux événements qui vien- ' nent d'avoir lieu.

» Signé : Ghanzy. »

A cette lettre était joint le rapport suivant :

« Laval, 2 février 1871.

« La capitulation de Paris, les conditions dans lesquelles » la convention du 28 janvier place chacune de nos armées,

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