‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 297 sur 345 · LIVRE CINQUIÈME. ~ LAVAL · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME. ~ LAVAL

5^ de l'armée qui , sous vos ordres , doit assurer la défense •) de la Bretagne et de la Normandie.

» Je propose de vous laisser, outre les forces dont vous » disposez déjà, la division Goujard distraite du 2P corps, » et la division Saussier, qui forme la S*' du 19® corps.

« Dans son ensemble, le plan le plus rationnel de la » défense qui vous est confiée me paraît être le suivant :

» 1° Dans le Calvados, la division Saussier, formée en > grande partie des mobilisés de l'Eure et du Calvados, » derrière l'Orne, de Ouistreham à Harcourt, défendant « Caen et par suite la Manche , avec sa ligne de retraite » sur Garentan ;

» 2" Le général Lipouski, avec ses francs-tireurs et ses » mobiles bretons, défendant la ligne d'Harcourt à Argen- » tan ;

» 3" La division Goujard, formée d'éléments bretons, ' d'Argentan à Domfront;

» 4° Le nouveau ccrps du général de Charette, de Dom- )^ front à Mayenne ;

» 5** A Laval et couvrant la route du chemin de fer de » Rennes, les deux divisions du 17® corps (2^ et 3) et les '> neuf bataillons de mobilisés de la Mayenne du colonel » Bournel ;

» 6° Les troupes 'de Gathelineau , reliées à celles de " Laval, chargées de la défense de Gliâteau-Gonthier, du )' cours inférieur de la Mayenne et de l'Anjou jusqu'à la ' Loire, soutenues par les légions de la Loire-Inférieure )' du général Béranger.

» Dans ce plan , les troupes du général Cléret prennent " position sur la rive gauche de la Loire , pour concourir » à la défense du Val inférieur et de Nantes.

» Il faut donc préparer dès aujourd'hui l'exécution de » ce pkin, en amenant rapidement les forces de Bretagne, >' déjà organisées, sur les positions qu'elles doivent occu-

)' per, de manière à permettre d'en retirer, dès que j'y ' serai autorisé, les troupes de la deuxième armée qui » les occupent.

» Le général Lipousld doit être en position avec ses " francs-tireurs entre Mézidon et l'embouchure de la >' Seine.

» La division Saussier est établie à Mézidon en avant s; de Falaise; les F* et 2® divisions du 19^ corps, de Falaise » jusqu'à en arrière d'Écouché; les mobilisés du colonel » Bournel , à hauteur de Gouterne ; la division Goujard , à

V droite et à gauche de Couptrain ; le 2 F corps, de la » droite du général Goujard au pont de Montgiroux par 5) Mayenne ; le 16® corps, de Montgiroux à Saint-Berthe- >' vin; les 2 divisions du 17^ corps, autour de Laval jus- « qu'à l'Huisserie; la cavalerie de ce corps surveillant la > Mayenne, en aval de l'Huisserie jusqu'à Ghâteau-Gon- » thier ; Gathelineau à Château- Gonthier ; le général ; Gléret, de la droite de Gathelineau à la Poissonnière.

» Faites donc diriger de suite tout ce que vous avez de

V disponible sur ces diverses positions, et amenez-y sucy cessivement, et le plus rapidement possible , les batail- » Ions encore dispersés en Bretagne , pour achever leur » organisation.

» Faites-moi savoir les dispositions que vous prenez, les » résultats que vous pouvez atteindre dès à présent , les » difficultés que vous rencontrez , vos besoins pour hâter » et compléter l'armement et l'outillage des divers corps !^ de Bretagne.

» J'insisterai auprès du ministre pour aplanir les diffi- » cultes , pour assurer promptement vos besoins. Mais » vous êtes chargé du commandement des forces destinées à » la défense du pays de la Seine à la Loire et de leur ory> ganisation ; il faut donc , pour éviter tout retard , que " vous vous adressiez directement au ministre pour toutes

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» les questions de détail , et que vous donniez directement » les ordres nécessaires à tous les chefs relevant de votre » autorité.

» Je sais combien votre mission est importante, je con- » nais toutes les difficultés que vous devez rencontrer, je » ne me dissimule aucun de vos besoins ; mais la situation » est grave, impérieuse, il faut faire l'impossible.

» Signé : Général Ghanzy. »

La situation était en effet des plus sérieuses , et Ton n'avait pas une minute à perdre. Cependant le général en chef ne recevait du Gouvernement aucune réponse à ses propositions : la politique intérieure semblait faire oublier les préoccupations militaires. A la suite de ses nouvelles instances sur la nécessité de prendre promptement une détermination , il lui fut prescrit par le télégraphe de partir pour Bordeaux, et de se trouver le 10 février, à deux heures de l'après-midi, dans le cabinet du ministre , avec les autres commandants d'armée, afin d'y discuter les mesures à prendre dans le cas où les hostihtés recommenceraient, et d'aviser au meilleur emploi des forces du pays.

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