‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 43 sur 345 · LIVRE PREMIER. — ORLEANS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — ORLEANS

ver par un bataillon du 39" de marche (capitaine Sombret) la ferme de Guillard fortement occupée, et fermer la trouée qui s'était produite pendant la marche entre ses deux brigades, par ce même bataillon, le 3° de chasseurs à pied et une batterie de 12 mise à sa disposition par le commandant du 16" corps.

Cependant le général Michel dessinait son mouvement tournant sur la gauche , et ses batteries , tirant sur celles que l'ennemi avait placées près de Gommier, contribuaient avec l'artillerie de la 1'^ division, à éteindre momentanément leur feu. Le village de Gommiers, tourné alors par le bataillon du capitaine Sombret, fut vigoureusement attaqué de front par les chasseurs à pied et enlevé.

Il était environ trois heures et demie; l'ennemi se trouvait concentré à Terminiers, Faverolles, Villepion, Nonneviile et Ghauvreux. Il était en forces; ses obus tombaient en quantité considérable sur nos emplacements ; mais sur sa droite il avait dû évacuer Guillonville. Pendant que l'amiral prenait ses dispositions pour l'aborder, le commandant du 16" corps donna l'ordre à la cavalerie de prononcer un mouvement direct sur Loigny. Le général Michel , laissant la brigade de Tucé à gauche de la route de Guillonville, pour observer la direction de Pruneville où l'on signalait des escadrons ennemis, s'avança avec ses deux autres brigades sur Villepion et Faverolles. Accueillie par le feu très-vif d'une batterie placée entre ces deux villages , notre cavalerie dut appuyer à droite pour la tourner et déborder les jardins de Faverolles et le flanc gauche des Allemands, soutenue par son artillerie qui se mit plusieurs fois en position. Cette démonstration hardie, exécutée sous les obus à une distance de 600 mètres, mais assez rapide pour éviter des pertes sensibles, détermina la retraite de la batterie ennemie de Villepion , et contribua puissamment à faciliter à la brigade Bourdillon

sa marche sur FaveroUes. Cette brigade dépassait bientôt la route de Gommiers à Terminiers , s'engageait résolument entre Villepion et FaveroUes, tandis que le bataillon du 39® qui avait enlevé Gommiers, secondé par la batterie de 12 et celle de montagne, poursuivait sans hésiter avec le 3*^ bataillon de chasseurs à pied , son attaque sur Villepion.

L'amiral faisait en même temps exécuter un mouvement de conversion à la brigade Deplanque pour aborder la droite ennemie; l'action fut bientôt très-vive de ce côté, à hauteur de Ghauvreux. Le jour baissait, il fallait en finir. Le commandant de la V^ division réunissant les troupes qui lui restaient et se mettant à leur tête, se porta au pas de course sur le parc de Villepion , point central de la résistance , qu'emportèrent d'assaut le bataillon du 39" de marche, le 2" bataillon du 33^ mobiles (Sarthe) et les chasseurs à pied. On y fit 40 prisonniers, dont 2 officiers de la garde de Bavière; une batterie faillit rester entre nos mains, et elle ne dut son salut qu'à l'obscurité ; l'ennemi abandonna dans le château son ambulance et de nombreux blessés.

A droite, un autre bataillon du 39^ de marche et le 75" mobiles (Loir-et-Cher et Maine-et-Loire) se précipitaient sur FaveroUes à la baïonnette, y faisaient des prisonniers et s'y installaient, tandis qu'à la gauche le général Deplanque, après une lutte opiniâtre, s'emparait de Nonneville.

La nuit était complètement venue; l'amiral établit sa division sur les positions conquises et son quartier général au château de Villepion. La cavalerie, que l'obscurité empêchait de poursuivre l'ennemi , se replia sur son bivouac du matin, entre les fermes de Muzelles et de Pérolait, ayant toujours la brigade de Tucé à l'ouest de la

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