‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 52 sur 345 · LIVRE PREMIER. — ORLÉANS · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — ORLÉANS

se retirer lui-même sur Villepion , tout en maintenant le plus grand ordre dans ses lignes. Il apercevait, en effet, venant de la direction de Chartres , de nouvelles batteries allemandes qui commencèrent bientôt leurs feux et couvrirent d'obus la V^ division. Du côté de Loigny, où le combat s'était soutenu jusque-là sans avantage marqué de part et d'autre, l'ennemi venait aussi de recevoir des renforts. Les efforts héroïques du 3^ bataillon de chasseurs, du 39* de marche et du 75" mobiles échouèrent définitivement contre les murs crénelés du parc de Goury; ces braves troupes ne pouvant emporter la position, reculèrent en combattant jusqu'à Loigny, où elles s'établirent.

La 1" division s'étendait ainsi d'Ecuillon à Morate, par Loigny et Fougeu , faisant ensuite un retour sur Villeraud et le moulin de Villepion. Elle put se maintenir dans cette situation jusque vers trois heures et demie; mais à ce moment une masse de cavalerie ennemie, dans laquelle on distinguait des cuirassiers, apparut, avec une batterie d'artillerie, sur la crête qui domine la ferme de Ghauvreux, produisant une diversion qui commença à inquiéter la 1" division. La 3® division du 17® corps débouchait alors en arrière et à droite du château de Villepion. Prise d'écharpe par les obus de la batterie de Ghauvreux , elle dut se replier sur Gommiers jusqu'à ce que les mitrailleuses et une batterie de 8 , se portant résolument en avant , eussent pu faire taire l'artillerie et forcer la cavalerie de l'ennemi à se retirer. Faisant un détour, les Allemands se reportèrent sur Guillonville, d'où ils essayèrent de nouveau de nous inquiéter, mais la division de cavalerie du général Michel , appuyée par une brigade d'infanterie du 1 7® corps , parvint bientôt à les déloger,

Tout à coup, à l'extrême droite, du côté des positions primitives du général Maurandy, on entendit le bruit si reconnaissable des mitrailleuses françaises et une canon-

nade bien nourrie : c'était le 15** corps qui, après avoir repoussé les forces qu'il avait devant lui , se portait sur Mameraut et Domainville. Le général Maurandy, rassemblant alors les débris de sa division, essaya de profiter de cette diversion inattendue pour reprendre l'offensive ; mais le feu d'artillerie devenu de plus en plus violent sur notre gauche, forçait la 1" division à se replier jusqu'à hauteur d'un petit bois , situé en avant du moulin de Villepion et qui pouvait lui servir de point d'appui. A Loigny même, nos troupes, épuisées par une journée entière de combats, et décimées par un feu d'artillerie et de mousqueterie quatre ou cinq fois supérieur au leur , commençaient à plier de nouveau.

Le moment était décisif; il était quatre heures, et la nuit allait venir. Un nouvel effort sur Loigny et sur Goury, centre de la résistance ennemie, pouvait encore décider en notre faveur du succès de la bataille. Le général de Sonis arrivait avec quelques batteries , les zouaves pontificaux et celles de ses troupes qui avaient le mieux marché; il se chargea, sans hésiter, de cet effort, et se porta intrépidement en avant, donnant lui-même l'exemple et l'élan. Pendant que ce mouvement allait s'effectuer , l'amiral prit ses dispositions pour se maintenir solidement autour du château et du moulin de Villepion , appuyé au parc , qu'il avait fait créneler, et occuper par le 35* mobiles et une partie du 30" de marche. L'action de ce côté se borna dès lors à défendre le petit bois de Villepion , qui fut évacué et repris , et qui finit par rester à l'ennemi lorsque la nuit ne permit plus de le lui disputer.

Le général de Sonis, brusquant l'attaque de Loigny, s'était élancé sur ce village avec les zouaves pontificaux et la légion des Gôtes-du-Nord*; ill'avait emporté et dépassé, lorsqu'il tomba héroïquement, la cuisse brisée par un obus. Le colonel de Gharette, qui rivalisait avec lui d'intrépidité

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