LIVRE PREMIER. — ORLÉANS
et de courage , gisait à ses côtés grièvement blessé ; leurs troupes étaient décimées , la perte de leurs chefs les força à la retraite. La nuit était alors très-obscure; le champ de bataille n'était éclairé que par l'incendie de Loigny et de quejques fermes aux environs, auxquelles l'ennemi avait mis le feu. Les pièces d'artillerie en se retirant au galop produisaient sur le terrain durci par la gelée un bruit qui impressionnait les troupes et qui contribuait à augmenter le désordre. Le canon du 15^ corps s'était tu. Le général Maurandy, après de vains efforts, s'était replié sur Trogny et Huétre, derrière des retranchements qui y avaient été préparés, appuyant sa droite à quelques troupes du 15* corps rentrées comme lui dans leurs cantonnements de Gidy. Enfin, à notre extrême gauche, la division de cavalerie, après avoir repoussé l'ennemi au delà de Guillonville, avait repris ses positions de la veille, à Muzelles.
Il se produisit alors dans ce désordre et cette obscurité, un fait des plus regrettables : le 37" de marche, qui n'était point prévenu de la retraite et qui continuait à tenir dans une partie de Loigny, eut à soutenir un combat des plus acharnés, et ne put se dégager sans laisser à l'ennemi un grand nombre de prisonniers.