‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 113 sur 207 · CHAPITRE \EUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE \EUVIEME

être concentrée sur Amiens, prendre pari à la bataille de Villers-Bretonneux et changer les conditions de la lutte, se vit à son tour isolée en face d'un ennemi plus de deux fois supérieur en nombre.

En présence d'une telle supériorité numérique, il était impossible au commandant Alouchez de résister seul dans un pays aussi découvert que celui (|ui environne Buchy; il résolut donc de se retirer encore plus en arrière, vers Quincampoix, pour s'appuyer au besoin sur la foret Verte et se trouver plus à proximité des retranchements qu'il avait fait élever autour de Rouen. Afin de couvrir ce mouvement de retraite et de s'éclairer en même temps sur la force des corps ennemis, dont l'approche avait été annoncée la nuit précédente, il lança, dans la matinée du 4 décembre, deux fortes reconnaissances dans les directions de Forges et de Xeufchàtel.

De son côté, le général de Manteuffel avait donné ses ordres dès la veille. Son intention n'était pas de livrer bataille le 4, mais de gagner du -terrain et d'atteindre la ligne de l'Andelle afin d'être prêt à tout événement. Le I" corps devait s'avancer jusqu'à la Haye et Lyons4a-Forêt, le VHP jusqu'à Buchy, la réserve jusqu'à Argueil. La brigade des dragons de la garde était mise à la disposition du général de Goeben pour couvrir son aile droite; à l'aile gauche, le comte de Lippe devait pareillement se porter d'Etrépagny vers Fleury-sur-Andelle. Le VHP corps avait reçu l'ordre de commencer son mouvement à neuf heures du matin, et il était particulièrement chargé de détruire les chemins de fer et les télégraphes qui mettaient Rouen en communication avec Dieppe et le Havre. Le général de Goeben, disposant de trois bri-

gades, en avait formé autant de colonnes qui devaient converger sur Buchy : à sa gauche, la 29" brigade, sous les ordres du général lieutenant de Kummer, s'avançait par la route de Forges; au centre, la 32% commandée par le général lieutenant de Barnekow, se dirigeait sur Sommery ; à sa droite, le colonel Aïettler, qui remplaçait le général major de Gneiseneau, marchait de Neufchâtel sur Saint-AIartin-Omonville, à la tète de la 3P brigade. C'est avec les têtes de colonnes du VHP corps prussien, et principalement avec celles des ailes, que nos troupes eurent dans la journée du 4 décembre plusieurs engagements isolés , auxquels on a donné le nom de combats de Buchy.

La reconnaissance envoyée dans la matinée de ce même jour sur la route de Forges était sous les ordres du colonel Alocquard ; elle se composait du 2* bataillon de la mobile de la Marne (commandant de Peyronnet), du 2" bataillon de mobilisés de la légion du Havre (commandant Delœuvre), du régiment des Eclaireurs de la Seine, de la compagnie des Vengeurs de la mort (capitaine Deschamps) et d'une section de canons obusiers de 12 lisses (maréchal des logis Aumont); en tout un peu moins de 3,000 hommes et deux canons. A sept heures du matin, ces troupes avaient pris position sur le plateau de Forgettes, à environ six kilomètres de Buchy, la droite appuyée vers le hameau de Hucleu et la gauche vers celui de Liffremont; les Eclaireurs de la Seine, déployés en tirailleurs sur la pente du Mont-Albout; les deux pièces sur la droite de la route, avec une compagnie de soutien. Vers huit heures et demie, quelques cavaliers débouchèrent de Alauquenchy sur la

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