‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 115 sur 207 · CHAPITRE XELVIEAIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XELVIEAIE

furent faits prisonniers, et le nombre en eût été bien plus considérable si l'ennemi avait continué la poursuite ; mais, par bonheur, le général de Kunimer, dont l'itinéraire était tracé vers le sud, ne crut pas devoir dépasser Razeran.

Sur la route de Xeufchâtel , la reconnaissance ordonnée par le commandant Alouchez était formée des 4% G% 7^ et 8' bataillons de la légion des mobilisés de Rouen, du 1" bataillon de la mobile des Hautes- Pyrénées, d'un escadron du 3" hussards et d'une section d'artillerie. Le lieutenant-colonel Laperrine, qui la dirigeait, avait pour instructions de se porter sur Saint-AIartin-Omonville, de faire reconnaître Saint- Saëns par sa cavalerie, et de se retirer ensuite dans la direction de Saint-Georges-sur-Fontaine, en passant par Cailly et Fontaine-le-Bourg. Au moment même où cette reconnaissance partait de Rocquemont, l'ennemi débouchait de Saint-AIartin , et lorsque , vers onze heures du matin, le colonel Laperrine atteignit la limite qui sépare les deux communes, il se trouva en présence du colonel Mettler, qui occupait, avec la tête de sa brigade, Bréquigny et le haut de la côte du Fontenay. A la hauteur de la ferme de Beauvais, qui était au pouvoir des Prussiens, les mobilisés des V^ et 2* compagnies du 1" bataillon (commandant Gamarre), déployés en tirailleurs, essuyèrent une vive fusillade ; ils ripostèrent résolument , et , bien qu'ils ne fussent armés que de mauvais fusils à piston, ils infligèrent quelques pertes à leurs adversaires. Plein de confiance dans ce début, le colonel Laperrine s'apprêtait à se lancer sur l'ennemi, lorsqu'il reçut du colonel de Beaumont, qui commandait en second à Buchy, l'ordre de se replier immédiate-

ment par la route de Rouen \ La retraite s'opéra aussitôt sans trop de confusion, mais les tirailleurs engagés eurent à souffrir de ce mouvement imprévu. Cette rencontre coûta aux mobilisés de la légion de Rouen deux hommes tués, neuf blessés, dont un ofGcier, le sous-lieutenant Borgnet, et une vingtaine de prisonniers. En outre, un détachement du 6* bataillon des mobilisés do la légion du Havre, fort de 8 officiers et de 267 hommes, qui, à la suite de la panique de Buchy, avait quitté la Frenaye et s'était mis en marche sans ordres et sans direction , tomba au milieu de la brigade Alettler, qui s'avançait à la poursuite du colonel Laperrine, et fut tout entier fait prisonnier au lieu dit les Hêtreaux, sur le territoire de Rocquemont.

Au moment où ces mobilisés étaient ainsi enveloppés et pris à Rocquemont, le général de Barnckow entrait à Buchy, suivi du général de Goeben, tandis que le général de Manteuffel arrivait à Argueil et établissait son quartier général au château du marquis de Castelbajac. Il était donc grand temps que la retraite de nos troupes s'effectuât; et, dans les conditions où elle s'opérait, elle aurait pu devenir désastreuse, si le chef du VHP corps, qui avait à sa disposition plus de 2,000 chevaux, eût ordonné la poursuite. Mais il lût forcé de s'en abstenir par suite d'une diversion qui menaçait son aile droite et qui eut lieu dans des circonstances que nous allons indiquer.

On a vu plus haut que le général Briand, resté à Rouen, avait reçu, dans la soirée du 3 décembre,

' V. Laperrine: La l^'légiondes mobilisés de laSeine-In/'.MontpeWier.

Page 1