‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 118 sur 207 · CHAPITRE iXEUVIÈAIE · texte numérisé non relu

CHAPITRE iXEUVIÈAIE

Ja nuit, le commandant Rolin, ne voyant arriver aucun renfort et voulant conserver quelques cartouches pour repousser des charges de cavalerie qu'il considérait comme imminentes, résolut de mettre fin à une résistance qui, prolongée plus longtemps, aurait compromis la retraite. En conséquence, il fît rompre par la droite, pour marcher vers la gauche dans la direction de Biennais, ce qui fit supposer à l'ennemi qu'il nous avait forcés de tourner le dos à Rouen : Nach einsiUndigem Gefecht mis ihrer dort eingenommenen Position geworfen iind in nordwestlicher Richtung von Rouen abgedrângt '. La retraite s'opéra en ordre et avec calme ; notre droite ne fut que légèrement inquiétée par quelques fusiliers devenus plus entreprenants; notre gauche était couverte par les tirailleurs, qui, trop fortement engagés, ne purent rallier à temps le bataillon. Cernés dans les chantiers qui avoisinent la gare , ces jeunes soldats, au nombre de près de quatre-vingts, furent forcés de mettre bas les armes et faits prisonniers en bataille, après avoir épuisé leurs munitions. Nous perdîmes , en outre , six hommes tués ou mortellement atteints et une vingtaine de blessés ^ Pour grossir le nombre de leurs prisonniers, les Prussiens s'emparèrent d'une douzaine d'habitants qu'ils soupçonnaient d'avoir pris part à la lutte ; l'un d'eux fut tué en cherchant à s'évader ; les autres furent emmenés en captivité à Stralsund avec les mobiles, un gendarme de la brigade de Saint-Saëns et un cavalier du 12' chasseurs qui, envoyé comme estafette à Bosc

* V. Wartensleben : Die Operationen der 1. Armée. Berlin. ' V. Historique du 2<" bataillon des mobiles de la Seine-Inf*. Le Havre.

le-Hard, fut pris après l'action. L'ennemi, de son côté, expia chèrement les pertes qu'il nous fit subir; plusieurs fantassins du 29^ régiment du Rhin . relevés sur le champ de bataille, reçurent la sépulture parles soins des habitants, et une vingtaine de ses blessés furent portés dans nos ambulances de Forges et de Neufchàtel.

Dans ce combat, les mobiles du 2" bataillon de la Seine-Inférieure, isolés et réduits à leurs propres forces, avaient tenu bon contre un détachement de toutes armes, relativement considérable, et montré ce qu'on pouvait attendre d'eux si les opérations avaient été mieux combinées. Toutefois, le sang versé ne le fut pas inutilement , puisque cette diversion sur l'aile droite de Tennemi l'empêcha de poursuivre nos troupes refoulées à Buchy. Elle permit en outre aux gardes nationaux qui s'étaient aventurés jusqu'à Saint- Victor, au moment même de l'action, de se replier sur Rouen sans encombre ; ils durent certainement leur salut à cette circonstance, car leur pointe était d'autant plus aventurée, que le général de Goeben avait pour instructions de couper toutes les communications de Rouen avec Dieppe, et même avec le Havre. Aussi, dès que le major d'Elern eut occupé Bosc -le-Hard , son premier soin fut d'envoyer à Etaimpuis, point d'intersection des lignes de l'Ouest et du Nord, un détachement qui détruisit le télégraphe, et se mit en devoir d'enlever les rails du viaduc. Dérangés dans cette besogne par le dernier train de voyageurs allant à Dieppe, les Prussiens firent feu et tuèrent le conducteur.

A la suite du combat de Bosc-le-Hard, les mobiles de la Seine-Inférieure s'étaient retirés sur Clères,

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