‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 119 sur 207 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

qu'ils trouvèrent abandonné par les gardes nationaux, et qu'ils durent évacuer eux-mêmes vers huit heures du soir, au reçu d'une dépêche télégraphique leur enjoignant de se rapprocher de Rouen; ils partirent en conséquence dans cette direction et passèrent la nuit à Malaunay. Le 2^ bataillon de marche de la ligne était rentré à Rouen avec les gardes nationaux sédentaires. Les troupes qui avaient fait précédemment partie du corps de Buchy s'étaient portées aux environs du Houlme et de Pissy-Poville, tendant à découvrir Rouen et à prendre la route du Havre, à l'exception, toutefois, des gardes nationaux mobilisés qui, vers sept heures du soir, arrivèrent derrière les retranchements d'Isneauville.

Pendant que ces événements se passaient sur notre gauche, à Buchy et à Bosc-le-Hard, les troupes laissées en avant de l'Andelle avaient également sur notre droite quelques engagements avec l'ennemi. Le comte de Lippe, comme on l'a vu, avait reçu l'ordre de faire une reconnaissance sur Ecouis, et, dans l'après-midi du 4, il poussa jusqu'à Boisemont un détachement fort de trois compagnies, deux escadrons et deux pièces. De notre côté, un bataillon des mobiles de l'Oise, un escadron du 12^ chasseurs et deux sections d'artillerie se portèrent en avant de Mussegros, et échangèrent quelques coups de canon et de fusil hors de portée et sans grand résultat, La seule perte éprouvée par les Saxons dans cette rencontre fut celle d'un cavalier du 3' dragons, blessé aux environs de Saint-Jean-de-Frenelle, vraisemblablement par des francs-tireurs embusqués dans les bois de Léomesnil. Nos troupes avaient, d'ailleurs, reçu l'ordre de se tenir sur la défensive, et les Saxons, de

leur côté, se bornèrent à une simple démonstration.

A Lyons-la-Forét et à Beauficel, les francs-tireurs de Rouen (capitaine Desseaux), et des Andelys (capitaine Stévenin), escarmouchèrent pendant cette journée avec la cavalerie ennemie et firent sept prisonniers, parmi lesquels le second lieutenant de Stieglilz, du 17*= ublans saxon, chargé de se mettre en communication avec le général de AlanteufTel '. De ce côté, de Lyons, le général de Bentlieim, qui avait à traverser la forêt, ne s'avançait qu'avec beaucoup de précaution et de lenteur. Dans la matinée, ses patrouilles poussèrent jusqu'à la ligne de l'Andelle et essuyèrent à Vascœuil une décharge des francstireurs du Nord. Dans l'après-midi, elles revinrent à Vascœuil à plusieurs reprises, mais elles furent repoussées chaque fois par les pompiers de la localité, qui, bien que restés sans appui, continuèrent néanmoins jusqu'au lendemain à défendre résolument leurs foyers, et blessèrent un sous-officier et un cavalier du P' régiment de dragons lithuaniens.

La déroute de Buchy ne fut connue à Rouen que vers quatre heures du soir, et la nouvelle en fut apportée par les premiers fuyards. Dès qu'elle parvint aux oreilles du général Briand, il rappela à Rouen le corps de l'Andelle, ainsi que les diverses troupes disséminées de toutes parts, et il se porta lui-même au-devant de celles de Buchy, qu'il rencontra à Isncauville dans la débandade la plus complète. Il essaya de les répartir derrière les lignes de défense ébauchées en cet endroit; mais tous ses efforts furent inutiles, car la plupart des hommes,

' V. Rapport sur les opérations des francs-tireurs d'Elbeuf. Elbeuf.

Page 1