‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 121 sur 207 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Événements en Xormandie depuis la prise de Rouen jusqu'à l'occupation de Dieppe. — Etat de défense et occupation de la ville de Rouen. — Retraite du général Briand sur Ronfleur (5 et 6 décembre^. — Evénements sur la rive gauche de la Seine. — Rencontres de Damville, de Breteuil et d'Autrebois (28 novembre — 2 décembre). — Surprise de Guichaimille (4 décembre). — Rencontres de Blaru et de Réanville (5,7 et 8 décembre) . — Retraite des troupes de l'Eure sur Serquigny et Louviers. — Mouvements des détachements ennemis sur la rive gauche de la Seine. — Occupation de Vernon (9 décembre). — Occupation d'Evreux (S décembre). — Marche des Prussiens sur Bourg- Achard et Pont-Audemer (8-9 décembre). — Retour des Saxons à Gisors (8 décembre). — Expédition des Prussiens à Dieppe (9 décembre).

Du moment où l'on n'avait pas cherché à arrêter le général de Manteuffel dans le pays de Bray, c'està-dire dans cette contrée accidentée qui avoisine les sources de l'Epte et de l'Andelle, entre Gournay et Keufchàtel, le sort de Rouen était décidé. Par suite de sa situation topographique , l'ancienne capitale de la Xormandie est en effet placée, au point de vue d'une défense immédiate, dans les conditions les plus défavorables qu'on puisse trouver réunies. Encaissée au milieu d'une série de collines qui la dominent de toutes parts, elle est coupée en deux parties par la Seine , dont le cours offre en cet endroit une grande largeur et subit déjà l'influence de la marée ; en outre, il n'existe entre les deux rives du fleuve que des moyens de communication insuffisants. Des faubourgs importants et de longues files d'usines qui s'en détachent dans toutes les directions, nécessiteraient pour la défense de la ville une ligne

de rotranchements très-éloignée, d'un développement énorme, avec de nombreux ouvrages de campagne et une garnison considérable. En supposant même toutes ces conditions remplies, la défense serait encore faible, parce que plusieurs vallées profondes, venant toutes aboutir à la Seine au même point, ne permettent pas aux défenseurs de communiquer facilement entre eux et de se prêter efficacement un appui réciproque.

IVIalgré ces considérations, on avait essayé à la dernière beure de couvrir Rouen au moyen d'une ligne conlinue de retrancliements. La première commission municipale de défense, organisée dans cette ville à la fin du mois d'août, s'était adjoint plusieurs anciens militaires qui avaient prévu ce qu il était possible de tenter pour se mettre à l'abri d'un coup de main. Plus tard, le gouvernement organisa des comités de défense départementaux, et celui qui fut formé à Rouen le 11 septembre par l'autorité préfectorale était, là comme ailleurs, composé de personnes étrangères à la profession des armes. Le décret du 14 octobre 1870 sur l'état de guerre mit fin, il est vrai, à l'existence des comités départementaux et les remplaça par les comités militaires; mais cela n'empêcha pas ceux qui, sous les noms les plus divers, s'étaient spontanément formés dans les différentes villes, de continuer à s'agiter, jusqu'à ce qu'un décret du 19 novembre en ait explicitement prononcé l'abolition.

Le comité militaire de Rouen avait adopté, dès le 20 octobre, un projet de défense présenté par un ingénieur ordinaire des ponts et chaussées, M. Allard, et l'exécution en fut confiée, le 19 novembre, au

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