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CHAPITRE DIXIÈME

7 décembre; mais on sait qu'à cette dernière date l'armée du général Briand était hors d'atteinte.

Sur la rive gauche de la Seine, notre corps d'occupation du département de l'Eure était toujours en observation à Conches, à Evreux et à Vernon, contre le général de Rheinbaben. Ce général occupait Dreux et Anet, s'étendant, par sa droite, jusqu'à Pacysur-Eure, et couvert, à Saint-André, par la brigade de Barby. Ses éclaireurs poussaient de fréquentes patrouilles dans la direction d'Evreux. Le 28 novembre, des dragons d'Oldenbourg et de Schleswig-Holstein, qui viennent reconnaître nos avant-postes, ont un cavalier tué aux environs de Damville, et un autre blessé près d'Autrebois. Le 30, les éclaireurs de la brigade de Bredow s'avancent dans la direction de Breteuil, et retournent à Dreux après avoir perdu deux uhians. Enfin, le 1" décembre, les dragons oldenbourgeois, partis de Saint-André, poussent de nouveau jusqu'au hameau d'Autrebois, entre Avrilly et Grossœuvre, et essuient là quelques coups de feu qui blessent un des leurs. Le lendemain, les Allemands reviennent en force; une colonne comtfinéede toutes armes s'avance par la route de Xonancourt, jusqu'au hameau d'Autrebois, en arrière duquel elle se déploie et prend position; divers détachements se portent, sans rencontrer d'obstacle, sur Grossœuvre, Avrilly et le Plessis-Grohan, qu'ils mettent au pillage; pendant ce temps, le gros de la colonne incendie les lieux précédemment occupés par nos troupes, et canonne le château de Bérou, vide de défenseurs. Les Allemands ne poussent pas plus loin leur démonstration, et rentrent dans leurs cantonnements après avoir allumé plusieurs incendies au

Plessis-Grohan, à Autrebois et à Seugé. On voit que le général de Uheinbaben, qui connaît sans cloute la marche du général de AlanteulFcl sur Rouen, devient de jour en jour plus entreprenant, et s'avance peu à peu sur Evreux. Cette ville n'est couverte, sur la route de Nonancourt, que par une portion du 1" bataillon de la mobile des Landes, les 1"' et 3' bataillons de mobilisés de la légion du Havre, et quelques corps francs, cantonnés à Angeruille-la-Campagne et aux environs. Sur la route de Saint-André, Guichainville est occupé par les 6" et 8* compagnies du 1" bataillon des Landes. Là, le 4 décembre, vers onze heures et demie du soir, l'ennemi tente de surprendre un poste d'une vingtaine de mobiles, qui, se croyant soutenus, résistent résolument pendant près de trois quarts d'heure aux landwehriens du 2'^ régiment de la garde, leur tuent un sous-officier et deux grenadiers, en blessent quatre ou cinq autres, et mettent le reste en fuite; de leur côté, ils avaient perdu deux hommes dans cette alfaire.

Du côté de Vernon, aux abords de la forêt de Cizy, les gardes nationaux de la contrée prêtent à nos troupes un concours énergique et inquiètent chaque jour les éclaireurs ennemis; le 5 décembre, à Blaru, et le surlendemain, à Réanville, ils repoussent les patrouilles du W hussards, et leur tuent ou blessent plusieurs hommes et plusieurs chevaux. Revenus à Réanville le 8 décembre, avec de l'infanterie, les Allemands essuyèrent encore le feu des gardes nationaux, dont un fut tué et un autre blessé dans cette rencontre.

Mais cette résistance ne pouvait durer indéfiniment. Par suite de la prise de Rouen, nos troupes de

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