‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 13 sur 207 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

pour y faire des réquisitions. La présence de ces fourrageurs répand aussitôt l'alarme et fait naître l'exaspération chez les habitants de Liancourt; bien que désarmés par l'ennemi depuis quelques jours, ils s'emparent de fusils de chasse et de fourches, et mettent à leur tête M. le duc de la Rochefoucauld, un ancien colonel de cuirassiers français qui, rendu à la retraite, était loin de s'attendre à diriger un jour cette chasse contre les cuirassiers prussiens. Mais, ainsi qu'il arrive souvent dans ces battues, les plus pressés se firent voir, les Prussiens prirent l'éveil, et s'apercevant qu'on cherchait à les tourner, déguerpirent au plus vite en abandonnant leur convoi. Ils furent poursuivis jusqu'à Nogent-les-\ ierges, et comme le détachement de Creil s'avançait pour recueillir ces fuyards , son' avant-garde fut saluée par une fusillade qui blessa un cheval et fit tourner bride au reste de la troupe. Le capitaine de Alassow, redoutant sans doute l'approche de forces supérieures, s'empressa d'évacuer Creil, emmenant le maire comme otage, et se retira par la route de Chantilly sur les hauteurs qui dominent la ville; il n'y rentra qu'avec deux compagnies du 2' régiment à pied de la garde prussienne , envoyées comme renfort sur ces entrefaites. Les habitants de Clermont, de leur côté, n'avaient cessé de réclamer depuis plusieurs jours près de l'autorité militaire pour obtenir un envoi de troupes qui vinssent les appuyer: dans la soirée du 25 septembre, ils virent avec satisfaction arriver dans leur ville environ 1,200 hommes du 3* bataillon des mobiles de laAIarne (commandant de Breuili, envoyés d'Abbeville par le chemin de fer. Ce secours ne leur fut pas inutile quand, le lendemain, l'ennemi revint en force

sur Liancourt : un peloton de cuirassiers, un escadron du 18' n'giment de uhlans saxons et un détachement d'infanterie, tramant à leur suite une cinquantaine de chariots, partirent de Creil de bon matin pour aller réquisitionner de nouveau sur la route de Clermont. Dès que les Allemands eurent dépassé Rantigny, le maire de cette commune se lulta de demander du secours à Clermont , au moyen du télégraphe que, contre son habitude, l'ennemi avait négligé de couper; mais la population, dispersée dans les marais, n'attendit pas l'arrivée des renforts pour commencer la fusillade; les premiers coups de l'eu blessèrent un uhlan saxon et coûtèrent la vie à un habitant inoffensif. Cependant la nouvelle de la marche de l'ennemi avait été bientôt connue à Clermont, où on avait battu la générale et sonné le tocsin. Les mobiles de la Marne, suivis des gardes nationaux, se précipitent avec un élan remarquable et un enthousiasme trop peu contenu au-devant de l'ennemi, qu'ils rencontrent à la hauteur de la Maison- Blanche. Attaqués de tous côtés par les forces disséminées autour d'eux, les éclaireurs allemands font promptement demi-tour et se replient au galop sur le gros de la troupe, qui, resté en arrière, s'abritait derrière ses voitures, placées à la hâte en travers de la route, à la hauteur du hameau de Senecourt. Rejoint et serré de près, l'ennemi se retire sur Liancourt, où il essuie encore le feu des gardes nationaux embusqués dans les bois et les marais; poursuivi jusqu'aux abords de Monchy-Saint-Eloi, il rentre à Creil, en bon ordre il est vrai, mais moins nombreux qu'il n'en était parti. Cinq fantassins de la garde prussienne, qui réquisitionnaient à outrance dans un moulin, lu-

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