‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 14 sur 207 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

rent surpris dans cette besogne et faits prisonniers : dirigés sur Clermont, ils y entrèrent vers une heure de l'après-midi, et la vue de cette capture excita un vif enthousiasme. De notre côté , il y avait eu deux victimes parmi les habitants de Liancourt et de Monchy-Saint-Eloi.

Tandis que la ville de Clermont s'armait et que plusieurs milliers de gardes nationaux venus des communes voisines faisaient leurs préparatifs pour repousser l'attaque prévue pour le lendemain, il arrivait à Creil de nouveaux renforts qui allaient changer la situation. Le capitaine de Massow ayant rendu compte de l'accueil fait à ses fourrageurs, la division de cavalerie saxonne reçut dans la nuit du 25 au 26 septembre l'ordre de se diriger sur Chantilly, pour assurer d'une manière plus efficace le ravitaillement de l'armée de siège. Cette division, commandée par le général-major comte de Lippe, était détachée du corps auquel elle appartenait, et placée sous le commandement direct du quartier général de l'armée de la Meuse. On lui avait adjoint provisoirement le bataillon de fusiliers du 2^ régiment à pied de la garde prussienne (major de Kropffj, qui fut suivi peu de temps après par les autres bataillons du même régiment. Le comte de Lippe était chargé de réquisitionner et d'étendre son rayon d'occupation dans le nord, de tenir constamment rempli le magasin de Chantilly, et de rétablir les embranchements du chemin de fer de Creil à Compiègne , Clermont et Beauvais.

Parti des environs d'Annette et de Thorigny à la réception de cet ordre, le comte de Lippe, accompagné de l'état-major de sa division, du 17' régiment

de uhlans et de quatre pièces d'artillerie, atteignit Chantilly dans la matinée du 26; en même temps il détachait à Senlis la 24' brigade (général-major Senfft de Piisach), tandis que le régiment de dragons de la garde saxonne (major de Funcke), avec une section d'artillerie à cheval, se portait rapidement sur Creil pour soutenir le capitaine de Massou, qui ne paraissait pas très-rassuré. Vers quatre heures du soir, ce dernier détachement arrivait à Creil au moment même où les iourrageurs, suivis de près par les gardes nationaux de Liancourt, venaient de rentrer dans la ville. Persuadé que nous occupions en force les hauteurs de la rive gauche de l'Oise, le major de Funcke s'était concerté avec le capitaine de Alassow pour une attaque qu'ils devaient faire ensemble le lendemain; mais dans la soirée même il fut informé que la marche sur Clermont serait continuée le 27, et que le généralmajor Krug de Nidda arrivait avec le reste de la 23' brigade et prendrait lui-même le commandement de la colonne.

La nouvelle de l'arrivée de ces renforts parvint à Clermont dans la soirée du 26. Le commandant des mobiles de la Marne ayant contrôlé ces renseignements, s'assura qu'il aurait à se mesurer avec un ennemi supérieur en nombre, muni d'artillerie, et contre lequel il ne lui serait pas possible de lutter avantageusement. Conformément aux instructions qu'il avait reçues, il quitta la ville pendant la nuit, malgré les habitants, et se retira par Bresles et Saint-Just sur Breteuil, où il arriva dans la soirée du lendemain '.

' \ oy. Le 3 bataillon des mobiles de la Marne. Reims.

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