‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 135 sur 207 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

ment de cavalerie de la ligne, un détachement d'infanterie de marine, deux compagnies de fusiliers marins et les équipages de la flottille, soit environ 4 à 5,000 hommes de troupes régulières, 13,000 mobiles, le même nombre ou à peu près de gardes nationaux mobilisés et 1,500 à 2,000 francs-tireurs, en tout, de 32 à 33 mille hommes, et près de 40 mille, si l'on ajoutait à cet effectif celui de la garde nationale sédentaire. C'eût été assurément un chiffre fort respectable, si la quantité pouvait suppléer à la qualité et le nombre à l'organisation. Ce qui manquait à cette masse d'hommes pour en faire une armée, ce n'était ni le courage, ni la bonne volonté, c'étaient des cadres. Tandis que les capitulations de Sedan et de Metz avaient fourni à l'armée du Nord une grande quantité d'officiers et de sousofEciers sachant leur métier, les troupes du Havre en étaient totalement dépourvues ; l'organisation n'existait pas. Tout ce qu'on pouvait donc demander à des bataillons isolés, inconnus les uns aux autres, incohérents et faiblement constitués, c'était de tenir derrière des retranchements.

Telle était la situation militaire au Havre, et l'on voit que les autorités de cette ville avaient eu quelque apparence de raison en protestant, le 9 décciiibre, contre le départ des troupes qui pouvaient former dans ses murs le noyau de la résistance, car l'ennemi allait menacer plus sérieusement la place. Le lendemain, en effet, le comte de Brandebourg se porta de Bolbec sur Angerville-l'Orcher où il établit son quartier général. Il était appuyé par une colonne plus considérable, composée d'une brigade d'infanterie, d'un régiment de hussards et de deux batteries; ces

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troupes étaient conduites par le général de Goebeii qui atteignit le 10 Yvetot et le 11 Bolbec, suivi à une demi-journée de marche par le reste de la IG* division et l'artillerie de son corps d'armée. Dès son arrivée à Bolbec , le général de Goeben lança son avant-garde jusqu'à Saint-Romain et Angerville-l'Orcher, pour se mettre en communication avec la brigade des dragons de la garde. De son côté, le comte de Brandebourg poussa le même jour des reconnaissances sur le Havre, dans les directions de Gainneville, Alontivilliers , Criquetot et Gonneville. A Gainneville, les dragons trouvèrent les positions réoccupées par nos avant-postes et essuyèrent quelques coups de feu. A Montivilliers, six de ces cavaliers s'avancèrent sur la place de l'Hôtel-deville et jusqu'aux carrefours avoisinants ; après quoi ils regagnèrent au galop la route d'Epouville où stationnait leur escadron. D'autres patrouilles, passant par Criquetot et Gonnevilie, s'avancèrent jusqu'aux environs d'Octeville, qui avaient été également réoccupés par nos troupes. Tous les villages situés aux sources de la Lézarde, Notre-Dame-du-Bec, Rolleville, Epouville, furent visités par l'ennemi, sans parler des ports du littoral, tels que Fécamp et Étretat, Le 12, les dragons de la garde sillonnèrent les mêmes localités; trois d'entre eux revinrent même à Montivilliers, annonçant l'arrivée d'un corps imaginaire de 2,000 hommes et prescrivant le désarmement de la garde nationale. Mais leur passage fut de courte durée et, dans la soirée du même jour, ils disparurent de Montivilliers et des environs qui ne devaient heureusement plus les revoir.

Ces diverses reconnaissances avaient démontré au

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