CHAPITRE XIII
Moiirements offensifs des troupes de Xormandie sur la La'se Seiue à la fia de décembre. — Evénemeats sur la rixe gauche : Rencontres de Saint-Martin-du-Parc (19 décembre); de ilontfort-sur-Rille (20 décembre); d'hillc (21 décembre): de Saint-Ouen-de-Thouberville (23 décembre). — Mouvement offensif du gé léral Roy. — Rencontres de Bourjjthéroulde (25 décembre); dé la Londe (27 décembre) ; d'Oriial (28 décembre). — Effectif et positions des troupes de l'Eure. — Prise de Château -Robert et du plateau d'Orival (.30 décembre). — Perte et reprise de Château-Robert; engagement d'Orival (31 décembre). — — Evénemeats sur la rive droite : rencontre de Bolleville (31 décembre).
Il est à regretter que nos mouvements offensifs, effectués sur les deux rives de la basse Seine à la fin de décembre, n'aient pas eu lieu quelques jours plus tôt, car ils auraient certainement contraint l'ennemi à renoncer à la possession de Rouen. Le général de Bentbeim avait en effet reçu, dès le 21 décembre, l'ordre d'envoyer comme renfort à Amiens la 2" brigade de son corps d'armée, et, en déduisant cette brigade et les petits détachements de Buchy, de Forges et de Gisors, il ne disposait plus que de douze bataillons. Si donc nos mouvements offensifs en Xormandie avaient précédé la journée de Pont-Xoyelles, ils auraient pu en faire un succès pour nos armes. Mais ces diversions sur la Seine ayant eu lieu trop tard, isolément, et au moment de la retraite de notre armée du Xord, le général de Alanteuffel put renvoyer à Rouen les troupes qu'il en avait appelées quelques jours auparavant. Par suite du manque d'entente entre nos divers chefs et de l'absence de concert dans leurs opérations, rien n'empêcha l'en-
nemi de conserver en son pouvoir Rouen et Amiens, distants de cinq étapes, et, au moyen du chemin de fer, resté intact entre ses mains, de jeter sur l'un ou l'autre de ces points les forces qui lui étaient nécessaires.
Sur la rive gauche de la Seine, le lieutenant-colonel Roy, avait été, comme on sait, placé à la tête des troupes de l'Eure, sur la proposition du général de Lauriston, en remplacement du capitaine de frégate de Guilhermy, victime d'une sédition à Bernay. Aussitôt son entrée en fonctions, le colonel Roy, auquel le titre de général de brigade à titre auxiliaire fut conféré quelques jours plus tard, fit connaître à Bordeaux son intention de chasser les Prussiens du département de l'Eure. Le 22 décembre, le ministre de la guerre lui répondit « qu'il ne pouvait » pas penser à faire un grand mouvement offensif, 3) ni à s'emparer de la basse Seine; que son rôle était )' de défendre pied à pied le terrain, et d'inquiéter » les partis ennemis. 3> Néanmoins, le général Roy, qui s'accommodait peu de la défensive, résolut de tenter un mouvement en avant, espérant sans doute entraîner par son exemple le général de Lauriston, militaire aussi brave qu'expérimenté, avec lequel il se trouvait en désaccord. Il sollicita, d'un autre côté, le concours de l'armée du Havre, et il lui fut répondu, le 26 : a Nous avons huit mille hommes sur 55 la route de Bolbec à Goderville; nous en aurons 55 demain douze mille. 5> A cette date, le général de Bentheim venait de se concentrer à Rouen; néanmoins, ses reconnaissances ne cessaient pas de surveiller la ligne de la Rille, où elles se heurtèrent plusieurs fois à nos avant-postes ; ce qui nous amène à