‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 152 sur 207 · CHAPITRE TREIZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIEME

reprendre le récit des événements militaires sur la rive gauche de la Seine depuis l'entrée en Ibnctions du général Roy.

Le 19 décembre, un détachement du 4P régiment d'infanterie de la Prusse orientale s'étant arancé jusqu'à Saint-Martin-du-Parc, aux abords de Brionne, y fut attaqué par les francs-tireurs de Seine-et-Oise (capitaine Poulet-Langlet), repoussé après avoir eu deux hommes hors de combat, et poursuivi jusqu'au Bosrobert.

Le 20, un détachement ennemi pénétra, par la forêt et le tunnel de Montfort-sur-Rille, jusqu'à la ligne ferrée de Pont-Audemer, détruisit le télégraphe, se mit en devoir de couper le chemin de fer, et enleva trois mobiles des Landes, qui furent surpris dans une maison; mais, à la vue d'autres mobiles accourus pour délivrer leurs camarades, les Prussiens se sauvèrent en abandonnant leurs outils.

Le 21, une reconnaissance, composée de mobiles de la Loire-Inférieure et de francs-tireurs de Louviers, attaqua, près d'I ville, un détachement du 1" régiment de la Prusse orientale , venu en réquisition au jVeubourg, leur tua deux grenadiers et en blessa un troisième , sans que cette rencontre eût occasionné, de notre côté, d'autre perte que celle d'un homme mis hors de combat.

Sur l'ordre du général de Lauriston, Pont-Audemer avait été réoccupé, le 18 décembre, par environ trois mille gardes nationaux mobilisés du Calvados, commandés par le lieutenant-colonel de Gouyon. Le 21, la 2^ compagnie des Eclaireurs de Normandie (capitaine Lumière), renforcée de quelques mobilisés, battit le pays jusqu'à Bourgachard et la Trinité; le

23, ce détachement venait d'arriver à Saint-Oiien-de- Thoiiberville, lorsque, à deux reprises, les éclaireurs prussiens, venus de Aloulineaux, y firent leur apparition. Ce furent d'abord quelques dragons lithuaniens du 1" régiment qui tournèrent bride après avoir eu un homme tué; puis un piquet du 41* ré^jiment d'infanterie, qui accourut au bruit de la fusillade, et qui s'enfuit à son tour après un court engagement, laissant aux mains des francs-tireurs un sous-officier blessé et six prisonniers. Le lendemain, les Prussiens, pour se venger, vinrent mettre la commune au pillage, lui imposèrent une contribution de guerre de dix mille francs, levèrent de fortes réquisitions, et regagnèrent leurs cantonnements, après avoir incendié la maison du maire.

Enfin, le 25, les francs-tireurs de Rugles et la guérilla rouennaise eurent, à Bourgthéroulde, un léger engagement, qui leur coûta la perte d'un homme tué. Ce fut le même jour que le général Roy, poursuivant son dessein de couvrir entièrement le département de l'Eure contre les incursions de l'ennemi, porta les forces dont il disposait sur la ligne qui va de Bourgthéroulde à Bourgachard et à Routot. Les 1" et 2' bataillons de l'Eure s'établirent à Berville ; le 2" bataillon de l'Ardèche, à Boissey-le-Chatel ; le 3" des Landes, à Saint-Denis-des-AIonts, et celui de la Loire-Inférieure, au Xeubourg. Le mouvement fut continué pendant les jours suivants. Les 1" et 2' bataillons de l'Ardèche furent dirigés sur Bourgachard, et le 3' de l'Eure s'empara, le 27, de Bourgthéroulde, après avoir mis en fuite une palrouillc du AV régiment prussien, qui eut un sous-officier et deux hommes blessés dans celte rencontre. Le 3' ba-

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