‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 157 sur 207 · CHAPITRE TREIZliniH · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZliniH

de revolver, et à ce signal la fusillade recommence. . Une compagnie de la mobile de l'Ardèche (capitaine Toiirnaire), envoyée comme renfort à celle des Landes et arrivant sur ces entrefaites, faillit être victime d'une méprise semblable. Ces deux compagnies n'eurent que le temps de s'enfoncer dans les bois, et elles purent rejoindre leurs bataillons sans avoir subi de pertes sensibles.

D'autres détachements, rassemblés à la hâte, furent également dirigés sur le lieu de l'engagement ; mais la vue des morts et des blessés produisit chez nos jeunes soldats un mouvement d'hésitation qu'augmentait encore leur ignorance des chemins de la forêt. La situation devenait inquiétante , car les éclaireurs ennemis n'étaient plus qu'à quelques centaines de mètres du carrefour de la Maison-Brûlée. A. cet instant arrivèrent heureusement deux nouvelles compagnies, les 2^ et 6" du 2*^ bataillon de l'Eure, commandées par le capitaine de Bonnechose et composées en grande partie déjeunes gens originaires de la localité et connaissant parfaitement le pays. Le capitaine de Bonnechose les fît déployer en tirailleurs et la fusillade s'engagea de nouveau. Surpris par ce retour offensif, les tirailleurs prussiens s'arrêtèrent et se replièrent sur Château-Robert, qui fut vivement attaqué et repris par nos mobiles, sans qu'ils eussent subi d'autre perte que celle de trois ou quatre hommes hors de combat. Après avoir dégagé le plateau, ils aperçurent une colonne profonde qui se formait sur la route de Grand-Couronne; ils la couvrirent de balles et elle se mit aussitôt en retraite, emportant ses morts et ses blessés ; mais elle emmenait aussi nos prisonniers; en outre, elle avait atteint le but de

son mouvement oflensif, qui était de s'éclairer sur nos forces. Nous restions donc maîtres de Château- Robert, (jui fut réoccupé par le 1" bataillon de l'Ardèche (commandant de Guibertj ; mais l'attaque de cette position par l'ennemi nous avait malheureusement occasionné des pertes sensibles ; outre soixantedouze mobiles et francs-tireurs faits prisonniers, nous eûmes dans cette affaire une dizaine de tués et une trentaine de blessés. L'ennemi, de son côté, avait payé sa tentative par la perte d'une dizaine d'hommes tués et de vingt et quelques blessés, dont un officier; ils appartenaient pour la plupart au 41* régiment d'infanterie de la Prusse orientale.

Tandis que ces événements se passaient à Château- Robert, d'autres engagements avaient lieu sur notre droite , à l'est de la foret de la Londe. De ce côté, les nôtres avaient recommencé au point du jour leur guerre d'escarmouches aux abords du pont du chemin de fer, et, dans cet échange de coups de fusil, un officier des francs-tireurs de Louviers, le lieutetenant Duchemin , tomba mortellement blessé. Dans l'après-midi, les Prussiens poussèrent également dans cette direction une forte reconnaissance offensive. Vers une heure, une colonne d'environ 5 à 600 hommes franchit le pont d'Orival , gravit les hauteurs opposées et engagea une vive fusillade avec une grand'garde de TArdèche établie dans la forêt. Bien qu'attaqués à l'improviste, les mobiles, retranchés derrière des abatis, opposèrent k l'ennemi une énergique résistance. Bientôt, à l'appel du capitaine Reboullet, les renforts arrivèrent : deux compagnies du 5*" bataillon de mobilisés entrèrent en ligne, et les Prussiens, qui commençaient à plier, furent forcés

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